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L’été qui craque

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Tel est l’enjeu !

Records de chaleur et canicules se succèdent. On en oublierait que 2022 sera sans doute l’un des étés les plus frais de ceux à venir et qu’il n’existe toujours aucune réglementation fixant une température maximale à laquelle les travailleurs peuvent être exposés. Un réacteur nucléaire sur deux est à l’arrêt en France, du jamais-vu ! Les surfaces brûlées atteignent des records et les incendies estivaux s’étendent désormais jusqu’aux Monts d’Arrée. L’inflation a dépassé les 6% en juillet pendant que les profits de Total ou Engie s’envolent avec plus de 5 milliards d’euros chacun au premier semestre 2022 ! Même le secrétaire-général de l’ONU a appelé à taxer ces super-profits ce que refuse Macron. Pendant que la Russie joue à pile ou face avec les centrales nucléaires ukrainiennes, la provocation états-unienne à Taïwan menace d’enflammer le Pacifique au point d’indisposer le Japon et la Corée du Sud.

Ces ruptures de normalité seront monnaie courante si l’on ne bifurque pas radicalement de modèle. En matière d’énergie, c’est tout l’inverse. Ici un terminal méthanier flottant, là la relance du charbon, c’est le sauve-qui-peut des énergies fossiles loin des énergies renouvelables et la sobriété. Déjà les gouvernants européens s’évertuent à inventer les dispositifs de gestion de la pénurie de gaz ou d’électricité. Ils appellent cela « l’effacement » des consommations par sens de l’euphémisme. Le gouvernement claironne sur le retour d’EDF à 100% public mais c’est pour mieux socialiser les pertes et démanteler l’entreprise. Et pendant ce temps, il ne fait rien face à l’explosion de l’absurde marché de l’énergie sur lequel l’électricité atteint les 900 euros le MWh pour l’hiver prochain, 20 fois plus que le prix auquel EDF doit brader sa production à la concurrence privée !

Le gouvernement a clairement choisi son camp. Il aura une nouvelle fois brillé par son inaction sur le front climatique et écologique. D’un point de vue social, il aura imposé une loi actant la baisse du pouvoir d’achat et une nouvelle offensive contre les salaires, le temps de travail et la sécurité sociale. Alors que Macron refuse d’indexer sur l’inflation les salaires, les pensions ou les minimas sociaux, il a en revanche décidé d’indexer sur l’inflation les prochaines émissions de dette française. Les travailleurs paieront pour garantir les revenus de la finance. Le programme de stabilité transmis à la Commission européenne décline cette volonté. Repousser l’âge de la retraite, maltraiter encore plus les privés d’emploi, imposer une réduction des dépenses publiques jamais vue, c’est renouer avec l’austérité la plus brutale.

Les prochains mois ne seront pas un long fleuve tranquille. Johnson au Royaume-Uni et Draghi en Italie ont été contraints au départ par des appareils sentant le vent du boulet électoral. LR garantira-t-il à Macron une majorité parlementaire durable au-delà de cet été ? Ou la mobilisation populaire imposera-t-elle un autre scenario ? Tel est l’enjeu !

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