Début Societe L’anti-vote français surprend les partisans de Macron

L’anti-vote français surprend les partisans de Macron

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Dimanche, les Français se rendront à nouveau aux urnes, cette fois pour élire le Parlement. Selon les sondages, Emmanuel Macron est à nouveau majoritaire. Mais il doit prendre en compte deux grands blocs d’opposition: la droite radicale et la gauche radicale. De plus en plus d’électeurs se détournent de la politique dominante.

Surtout dans les petits villages de la campagne, les gens sont mécontents. En Auvergne, au centre de la France, on votait pour les partis traditionnels. Mais ça a changé. Maintenant, la plupart des électeurs votent pour protester.

Franck Petit, maire du petit village d’Alleyras, constate la colère de ses habitants. « Une colère profonde qui ne s’exprime pas. En ville c’est démontré car le diesel devient 5 centimes plus cher et le salaire minimum est de 1200 euros. Ici, les Gens Gagnent 300, 400 euros. Ils ne manifestent pas, ils vont travailler. »

La mondialisation punit ces régions, dit Petit. « Nous sommes concurrencés par des pays qui ne suivent pas les mêmes règles que NOUS et c’est pourquoi nous ne pouvons pas y arriver. »

« Le gouvernement défend-il les intérêts des Français ou des multinationales? »demande le maire. « Les agriculteurs ne sont pas intéressés. Ce monde n’est pas intéressant économiquement, vous ne pouvez pas en tirer de l’argent. Alors ils nous lâchent. »

À une quinzaine de kilomètres de là, Jérôme Vachey travaille comme enseignant dans une école à classe unique. Dix-huit enfants de la région y sont enseignés. « Il y a vraiment une pause. Nous expérimentons la nature tous les jours et ensuite les citadins viennent nous l’apprendre. Dites que nous devons respecter la nature, alors qu’ils sont en ville et respecter la nature à travers des protocoles. »

« Nous avons été trahis », déclare Philippe Gazanion, agriculteur à la retraite. « Nous avons des valeurs simples. Nous semblons être ces agriculteurs stupides qui n’y comprennent rien. Nous avons ce sentiment. Mais ils doivent se rendre compte que nous sommes toujours là et que nous gardons la campagne vivante. »

Tous les gens qu’il connaît ont voté radicalement contre le gouvernement. « Dans les villes, les gens bénéficient de la mondialisation. Nous ne jouons aucun rôle. C’est pourquoi nous votons différemment ici », explique un conseiller municipal.
Cultiver de la laitue au centre

La métropole lyonnaise-parfois même appelée « Ville Macron » – est l’exemple d’une économie jeune et dynamique, comme aime à le voir le président Macron. Lors du second tour de l’élection présidentielle, les trois quarts des électeurs ont voté pour le président, bien plus que la moyenne nationale.

Une ancienne usine restaurée sert de terreau fertile aux startups créatives. Les jeunes entrepreneurs croient en leur président, aux réformes qu’il veut mettre en œuvre, aux bienfaits de l’Union européenne et de la mondialisation. Ils regardent avec surprise les Français qui votent nationaliste, l’anti-vote. Les gens qui veulent arrêter le changement.

Hugo Jacomelli voit justement que la France offre aux entrepreneurs un soutien financier rapide et une assistance juridique. Il développe des fermes verticales, et dans le centre de Lyon sa première pépinière de laitues ouvrira cet automne. Il a reçu quatre-vingt mille euros d’investissement pour son entreprise. « Dans un bâtiment de 300 m2, nous produisons autant que sur 3 hectares de terres agricoles. »

La ferme aux escargots n’est-elle pas une compétition pour les agriculteurs qui ont déjà du mal? Jacomelli ne le pense pas: « l’agriculteur qui prend sa laitue de la terre, cela n’existe plus. Tout pousse dans d’immenses serres néerlandaises et espagnoles et est ensuite transporté en France. »

Antonin Guy, Le jeune PDG de WeCount qui calcule l’empreinte carbone des entreprises, est optimiste pour l’avenir sous Macron. Son entreprise a déjà des contrats avec une centaine d’entrepreneurs français. « Nous définissons un objectif pour respecter les accords de Paris. Entre 2020 et 2030, une entreprise doit réduire ses émissions de CO2 de 30%. Ensuite, nous déterminons comment ces entreprises peuvent y parvenir une par une. »

Les jeunes entrepreneurs voient la fracture dans leur pays, mais espèrent que Macron pourra mener à bien ses réformes avec une majorité au Parlement. Guy: « Et que la question climatique est tellement importante pour l’ensemble de la population, qu’elle nous rassemble. Parce que nous sommes tous touchés et que nous pouvons tous jouer un rôle. »

« Macron vous permet de réaliser des projets », explique Jacomelli. « Des projets qui peuvent améliorer le monde. En conséquence, la peur de l’innovation de la population finira par diminuer. »

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