Début Economie Rapatriement des enfants de djihadistes : la France attaquée à l’ONU pour son « inaction »

Rapatriement des enfants de djihadistes : la France attaquée à l’ONU pour son « inaction »

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Trois avocats ont porté plainte auprès de l’ONU pour dénoncer « l’inaction » française face au sort des enfants de djihadistes français retenus en Syrie. Leurs familles s’inquiètent de leurs conditions de vie sur place.

« Contrairement à ce que j’ai pu lire ou entendre, il n’y a pas de programme de retour des djihadistes. » Après plusieurs semaines de supputations autour du rapatriement ou non des Français faits prisonniers par les Kurdes en Syrie, le chef de l’Etat Emmanuel Macron a voulu clarifier la situation, mardi à l’Elysée. Loin de régler le problème posé par ces djihadistes faits prisonniers (13 d’entre eux ont été remis à l’Irak), cette déclaration sème également le doute sur le retour des mineurs retenus dans les camps du Kurdistan syrien. Le président de la République n’en a pas dit un mot.

Parmi la centaine de Français qui se trouvent toujours aux mains des Kurdes, entre 70 et 80 sont des mineurs. La ministre de la Justice, Nicole Belloubet, avait même précisé début février que 75% d’entre eux étaient des enfants âgés de moins de 7 ans. Jeudi, France Inter a révélé que trois avocats – Marie Dosé, Martin Pradel et William Bourdon – avaient donc déposé une plainte internationale devant le Comité des droits de l’enfant de l’ONU, accusant l’Etat français d’avoir violé sa convention par son « inaction ».

Si les trois avocats soulignent que le Comité des enfants de l’ONU « n’est pas une juridiction au sens du droit international public et ne dispose d’aucun pouvoir de sanction », ils relèvent qu’il peut exiger d’un Etat de prendre des mesures provisoires.

Des conditions de vie très difficiles
« L’Etat français est signataire d’une convention internationale des droits de l’enfant qui s’appelle la Convention de New York. L’Etat français doit respecter ses engagements », précise à la radio l’avocate Marie Dosé. « Moi, je suis outrée de voir qu’Emmanuel Macron, aux côtés du président irakien [il était à l’Elysée lundi, NDLR], donne priorité à la livraison de treize djihadistes à la justice irakienne, mais n’a pas un seul mot pour évoquer le sort de ces enfants », s’émeut-elle.

Les enfants sont en train de mourir, de soif, de faim, ils sont malades

Cette plainte a été déposée « au nom de plusieurs dizaines de grands-parents, d’oncles et de tantes de ces enfants français », précise France Inter, qui ajoute que ces proches ont reçu des photos des enfants « dans des états physiques de plus en plus inquiétants ». Ils sont retenus pour la plupart dans les camps de Roj et Al-Hol, au nord-est de la Syrie. « Les enfants sont en train de mourir, de soif, de faim, ils sont malades », s’indigne Marie Dosé. Si certains sont avec leur mère, d’autres sont orphelins et leurs familles en France peinent à obtenir des informations.

Toujours pas de calendrier de rapatriement
« Ma priorité, ce sont les enfants français, orphelins, dont les autorités françaises n’ont que faire, qui sont des victimes de guerre dans des conditions souvent terrifiantes. Des enfants à qui on a promis un rapatriement et qu’on abandonne », rappelait Marie Dosé à l’AFP mardi. Leurs grands-parents ont plusieurs fois exhorté Emmanuel Macron à avoir « l’humanité » de les rapatrier d’urgence. Longtemps réticente, la France s’était dite à l’automne ouverte au rapatriement des enfants, mais sans donner de calendrier.

En France, les recours possibles pour les familles sont limités : les saisines de juridictions administratives sont « nécessairement inefficaces et sans objet », en l’absence de représentation de l’Etat ou d’autorités consulaires en Syrie depuis 2012. Selon L’Obs, les dossiers de rapatriement des mineurs retenus en zone irako-syrienne « sont menés, au cas par cas, par les services de la diplomatie française en lien, ensuite, avec les services de l’Aide sociale à l’enfance ».

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