Début Economie François Hollande lance un appel à Emmanuel Macron : « Le recul est parfois préférable à l’entêtement »

François Hollande lance un appel à Emmanuel Macron : « Le recul est parfois préférable à l’entêtement »

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L’ancien Président François Hollande, dans un entretien au Parisien paru dimanche, s’inquiète de la montée de l’extrême droite et craint l’issue du grand débat, initié par Emmanuel Macron pour sortir de la crise des Gilets jaunes. « À vouloir tout bousculer, tout s’est arrêté », critique-t-il.

« Pour convaincre les Français, il faut être soi-même, afficher clairement son identité, assumer ce que l’on a été, y compris ses erreurs. Il ne faut pas se cacher, s’autoflageller, se fondre, il faut exister. » Interrogé dimanche par Le Parisien sur l’état du Parti socialiste, l’ex-Président François Hollande semble parler de lui-même. Dans ce long entretien, effectué à l’occasion de la sortie d’une version actualisée de son best-seller post-présidentiel Les leçons du pouvoir, l’ancien chef de l’Etat évoque la crise des Gilets jaunes, la fin du grand débat et le début de la campagne des européennes. Et ne rate pas une occasion d’égratigner son successeur Emmanuel Macron.

« Si une issue avait été trouvée plus rapidement, le mouvement des Gilets jaunes n’aurait pas eu cette ampleur, et nous n’aurions pas connu les excès que nous constatons, hélas, samedi après samedi », juge-t-il avant de regretter les hésitations du gouvernement en fin d’année dernière. « Le recul est parfois préférable à l’entêtement », assure-t-il avant d’évoquer le mea culpa d’Emmanuel Macron, le 10 décembre lors d’une allocution télévisée : « Je constate que le gouvernement actuel a battu en retraite. Mais trois semaines trop tard. »

Hollande juge durement les deux premières années du quinquennat de Macron
Quant à l’issue du grand débat, François Hollande en appelle à « revenir sur les mesures prises depuis deux ans », « notamment par le rétablissement de l’ISF et le renforcement de la fiscalité sur les revenus du capital ». « L’urgence commande de réduire les injustices fiscales », insiste-t-il.

A vouloir tout bousculer, tout s’est arrêté

Plus généralement, l’ex-Président dresse un bilan très critique de son successeur. « Le résultat au bout de deux ans n’est bon ni pour la vitalité économique ni pour la cohésion sociale, assène-t-il. A vouloir tout bousculer, tout s’est arrêté. »

François Hollande nuance toutefois sa charge en appelant son ancien ministre de l’Economie à suivre son exemple : « Un mandat dure cinq ans, évitons de porter des jugements définitifs. Tout président peut toujours opérer des corrections, moi-même, j’en ai fait. »

L’ambiguïté de l’ex-Président sur son retour en politique
Dans l’immédiat, l’ancien chef de l’Etat est préoccupé par « la montée du nationalisme partout dans le monde ». François Hollande en appelle aux partis de gauche et de droite, excluant La République en marche au pouvoir. « Les partis de gouvernement qui ont animé le débat démocratique pendant des décennies […] ne doivent céder ni à l’outrance ni à la surenchère, explique-t-il. Ils doivent être de nouveau des alternatives crédibles et mobilisatrices, sinon le face-à-face entre le pouvoir actuel et l’extrême droite peut mal finir. »

« La menace vient de l’extrême droite », affirme encore le responsable socialiste qui « affirme » : « Un jour, l’extrême droite arrivera au pouvoir en France. En 2022 ou plus tard… puisqu’elle prétendra que c’est la seule qui n’a pas été essayée! »

Je pourrais considérer que j’ai accompli mon destin et me tenir en retrait, mais je ne le veux pas

Face à cette situation, il appelle son parti, le PS, à « reconquérir ses électeurs ». « Après les élections européennes, il y aura une nécessité de redonner une perspective et une consistance au mouvement socialiste », ajoute-t-il.

François Hollande n’est pas loin d’annoncer son retour en politique : « J’ai été président de la République française, dans une période très difficile et éprouvante. Je pourrais considérer que j’ai accompli mon destin et me tenir en retrait. Mais je ne le veux pas. » S’il assure « ne pas revenir dans la vie partisane », il dit « ne pas pouvoir accepter que la gauche soit sans perspective ». « C’est le cas aujourd’hui. Ça ne doit pas l’être demain. »

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