Début Economie Carlos Ghosn arrêté à Tokyo sur de nouveau soupçons de malversations financières

Carlos Ghosn arrêté à Tokyo sur de nouveau soupçons de malversations financières

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Carlos Ghosn a été arrêté jeudi matin à Tokyo sur de nouveaux soupçons de malversations financières. Il avait été libéré le mois dernier sous caution

Carlos Ghosn a été interpellé jeudi matin à son domicile de Tokyo sur de nouveaux soupçons de malversations financières, un mois à peine après avoir été libéré sous caution, une arrestation qu’il a jugée « révoltante et arbitraire ». Les enquêteurs du bureau des procureurs se sont rendus au petit matin à son immeuble devant lequel une tenture grise avait été dressée, selon des images diffusées sur les chaînes de télévision japonaises. Une voiture a quitté les lieux moins d’une heure plus tard, d’après le direct diffusé sur la chaîne Nippon TV. Selon cette télévision privée, Carlos Ghosn était à bord. Il a été plus tard conduit au centre de détention de Kosuge.

Il est « extrêmement rare » qu’un suspect soit ré-arrêté après avoir été relâché, selon les médias japonais. Sa libération le 6 mars, moyennant le paiement d’une caution d’un milliard de yens (8 millions d’euros), avait déjà surpris. Par le passé, des détentions pour des cas similaires avaient duré beaucoup plus longtemps mais l’affaire Ghosn, de par la notoriété du suspect, a jeté une lumière crue sur le système judiciaire japonais, soulevant des critiques à l’étranger.

Carlos Ghosn voulait faire une conférence de presse le 11 avril
« Pourquoi venir m’arrêter alors que je n’entravais en rien la procédure en cours, sinon pour me briser? », a lancé le magnat de l’automobile déchu dans un communiqué transmis à l’AFP et probablement rédigé au préalable. Et d’ajouter: « Je suis innocent de toutes les accusations infondées portées contre moi et des faits qui me sont reprochés ». Cette arrestation « fait partie d’une nouvelle manoeuvre de certains individus chez Nissan qui vise à m’empêcher de me défendre en manipulant les procureurs », a-t-il accusé.

Ce nouveau rebondissement intervient alors même que Carlos Ghosn avait décidé de prendre la parole pour la première fois depuis sa sortie de prison. « Je me tiens prêt à dire la vérité à propos de ce qui se passe. Conférence de presse jeudi 11 avril », avait-il écrit mercredi sur Twitter.

Carlos Ghosn カルロス・ゴーン

@carlosghosn
I’m getting ready to tell the truth about what’s happening. Press conference on Thursday, April 11.

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06:51 – 3 avr. 2019
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Déjà sous le coup de trois inculpations pour déclarations inexactes de revenus sur les années 2010 à 2018, dans des documents remis par Nissan aux autorités financières, et pour abus de confiance, Carlos Ghosn est désormais sous la menace d’une quatrième mise en examen. Le parquet le soupçonne d’avoir transféré des fonds de Nissan, pour un total de 15 millions de dollars entre fin 2015 et mi-2018, à une société « de facto contrôlée par lui ».

Des flux financiers suspects
Sur cette somme, 5 millions ont été détournés, a précisé le bureau des procureurs dans un communiqué. « Le suspect a trahi sa fonction (de patron de Nissan) pour en tirer des bénéfices personnels », a-t-il souligné. Selon une source proche du dossier, le procédé a débuté dès 2012, portant sur une somme totale de plus de 30 millions de dollars versée à un distributeur de véhicules Nissan à Oman, montants dont une partie lui serait revenue indirectement. Il aurait notamment acheté un yacht et investi dans une société dirigée par son fils aux Etats-Unis.

Des flux financiers similaires ont été signalés la semaine dernière par Renault à la justice française, à l’issue d’une enquête interne du constructeur qui s’interroge aussi sur des dépenses opaques au sein de la filiale commune avec Nissan, RNBV, basée aux Pays-Bas. Une enquête a déjà été ouverte sur le financement du mariage de Carlos Ghosn au château de Versailles en octobre 2016.

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