Début Economie Brexit : qui pour remplacer Theresa May après sa démission?

Brexit : qui pour remplacer Theresa May après sa démission?

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Au Royaume-Uni, la Première ministre Theresa May a annoncé mercredi qu’elle démissionnerait si la Chambre des Communes votait son accord négocié avec l’Europe. Derrière elle, plusieurs personnalités se placent pour lui succéder.

Qui sera le prochain chef du gouvernement britannique? Vendredi, Theresa May présentera une nouvelle fois aux députés son accord de Brexit, déjà deux fois rejeté par la Chambre des Communes. En annonçant qu’elle quitterait ses fonctions si son texte négocié avec l’Union européenne était adopté, la Première ministre a cédé aux appels de nombreux députés britanniques, y compris dans son propre camp, pour les inciter à voter son accord. Elle a aussi ouvert la porte à une lutte pour sa succession parmi les conservateurs.

Boris Johnson est prêt
Ancien maire de Londres et ministre des Affaires étrangères, Boris Johnson, 54 ans, est l’un des principaux favoris. Partisan du Brexit dès le référendum en 2016 alors que le Premier ministre de l’époque, David Cameron, s’était prononcé pour rester dans l’UE, il a imposé son style provoquant au sein du gouvernement avant de le quitter en juillet 2018. Depuis, il est un des leaders des « hard brexiters » qui jugent que la Première ministre n’a pas obtenu suffisamment de Bruxelles.

Ces derniers jours, il annonçait qu’il pourrait voter l’accord si Theresa May démissionnait. Sa personnalité clivante, qui l’avait déjà empêché de devenir chef du gouvernement en 2016, pourrait toutefois lui jouer des tours. D’autant que plusieurs autres personnalités sont à l’affût.

Plusieurs ministres en recours
Dominic Raab, ministre au Brexit entre juillet et novembre, incarne la jeune garde du parti. Europhobe, il avait quitté le gouvernement, jugeant l’accord de Theresa May « mauvais pour notre économie et notre démocratie ». Jacob Rees-Mogg, porte-parole de l’aile europhobe, a aussi pris du poids au sein du parti ces dernières semaines. Quant à David Davis, secrétaire d’Etat au Brexit entre 2016 et juillet 2018, il reste une figure importante mais son vote en faveur de l’accord de Theresa May début mars lui a valu d’être critiqué par les plus radicaux.

En faveur du Brexit mais plus modérés, plusieurs ministres apparaissent comme des recours. Jeremy Hunt, ministre des Affaires étrangères, Sajid Javid, ministre de l’Intérieur, ou Michael Gove, ministre de l’Environnement, pourraient tenter leur chance. La ministre du Travail, Amber Rudd, est aussi évoquée mais ses positions plus europhiles que le reste de son parti pourraient lui coûter le poste.

Quels que soient les candidats, l’élection sera indécise au vu des divisions au sein du parti. En janvier, 118 députés conservateurs s’opposaient à l’accord de Theresa May quand 196 votaient pour. Début mars, ils étaient encore 75 à voter contre.

Un scrutin particulier
La particularité du scrutin pour choisir le leader conservateur est aussi une variable importante. Celui-ci se divise en deux étapes. Lors de la première, ce sont seulement les députés qui votent. A chaque tour, le candidat qui arrive dernier est éliminé jusqu’à ce qu’il n’en reste que deux. Ce processus prend souvent plusieurs jours. Ensuite, ce sont aux adhérents du parti de choisir entre les finalistes. Un système qui pourrait handicaper Boris Johnson, très populaire parmi les adhérents mais moins à la Chambre des Communes.

Une fois le chef des conservateurs désigné, celui-ci doit recevoir l’appui de la Chambre des Communes. Or, depuis les élections de 2017, le parti ne dispose pas de la majorité absolue (314 sièges sur 650) et devait jusqu’à présent s’appuyer sur la petite formation unioniste nord-irlandaise DUP. Mais celle-ci a déjà affirmé que la démission de Theresa May ne suffirait pas et qu’elle voterait contre l’accord. Son soutien au futur Premier ministre pourra être conditionné.

Plus largement, la journée de mercredi a révélé la quasi-impossibilité de la Chambre des Communes à trouver des majorités. « Le parlement a enfin son mot à dire : Non. Non. Non. Non. Non. Non. Non. Non. » a titré ce jeudi The Guardian en référence aux huit scénarios alternatifs examinés par les députés. De la sortie sans accord au renoncement du Brexit, en passant par une union douanière avec l’Union, tous ces votes « indicatifs » n’ont reçu aucune majorité des voix et symbolisent bien l’impasse dans laquelle se trouve les Britanniques.

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