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Transdev : une lutte exemplaire

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Début septembre, un mouvement social inédit et massif s’est répandu dans de nombreux dépôts de bus Transdev en Ile-de-France. En 2021, commence le processus de mise en concurrence des transports publics et c’est avec les bus de grande couronne que cela débute. Pour les premiers dépôts à plonger dans cette concurrence, le basculement est sans appel.

De manière violente et unilatérale, leurs conditions de travail se sont effondrées :

– leurs salaires mensuels sont réduits de plusieurs centaines d’euros

– leur amplitude horaire peut être de 14h, pendant 6 jours sur 7.

– leurs plannings de travail pourtant stables depuis des années sont bouleversés et mettent en péril leur équilibre personnel.

– ils sont soumis à un management autoritaire et malveillant où les conséquences sont terribles pour la santé des salariés avec des taux d’arrêts dépassant largement les 50 %.

Le mythe de cette concurrence qui apporterait un meilleur service vient donc se fracasser sur la réalité du terrain. C’est une arnaque aussi bien pour les salariés du transport que pour les usagers qui ne s’y retrouvent pas en termes de service ou de sécurité avec des conducteurs usés et épuisés. La mobilisation hors norme a provoqué une prise de conscience au-delà des dépôts à l’origine du mouvement. Dans de nombreuses régions, la politique libérale et ses conséquences inquiète à juste titre les salariés des transports. Car cette mise en concurrence est surtout la mise en place d’un dumping social. Ce n’est pas sur le matériel ou le carburant que les profits se dégageront, mais bien sur les salaires, les conditions de travail et les conditions de transport des usagers. La lutte des Transdev, c’est donc la lutte contre la pulvérisation des statuts sociaux.

Les élus de la France Insoumise sont depuis le début aux côtés des salariés qui se battent contre cette mise en concurrence violente. Ils ont participé à leur caisse de grève car on sait à quel point tenir une grève est difficile et éprouvant. Ils sont les relais de ces luttes dans les hémicycles, les instances et les médias pour dénoncer cette politique qui n’aboutit qu’à l’appauvrissement de l’offre de transports, la précarisation des salariés et l’insécurité des conditions de transport. Voilà pourquoi la LFI demande l’abandon de la mise en concurrence dans les transports publics, et donc la désobéissance aux paquets ferroviaires européens. Elle défend un pôle public fort des transports : régie publique de bus, gestion intégrée de l’infrastructure, matériel et exploitation, et un refus de sous-traitance.

Julie Garnier, Conseillère régionale IDF

Mise à jour le 15 nov 2021 : Dépôt par dépôt, accord après accord, les salariés de Transdev ont suspendu leur mouvement. Même si toutes les revendications n’ont pas été satisfaites, des avancées ont été obtenues comme le maintien de la plupart des primes, une amplitude horaire moins étalée que prévue et point important l’abandon des poursuites judiciaires ou disciplinaires intentés contre des grévistes. Le moral des salariés reste combatif car les conditions sociales restent malgré tout précaires. De nouvelles mobilisations ne sont pas à exclure prochainement.

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