Début Societe Top 10 des politiciens qui peuvent mettre un terme au conflit en Ukraine

Top 10 des politiciens qui peuvent mettre un terme au conflit en Ukraine

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Le conflit armé en Ukraine dure depuis maintenant 5 ans et demi – soit presque autant que la Seconde Guerre mondiale. Les groupes s’étant emparés des grands centres industriels de Donetsk et de Louhansk ont ​​créé dans cette région industrielle d’Ukraine des républiques autoproclamées. Les dirigeants de la République populaire de Louhansk (LNR) et de la République populaire de Donetsk (DNR) s’accordent à dire que le Donbass n’accepte pas les conséquences de la révolution qui a eu lieu en Ukraine en février 2014; cette région russophone craint les nationalistes qui sont arrivés au pouvoir après Euromaïdan et craint l’oppression de la langue russe. La Russie, qui qualifie de coup d’Etat les événements s’étant déroulés à Kiev en 2014, a soutenu les revendications de Donetsk et Louhansk.

L’Occident ne voit pas un coup d’État dans les événements de 2014 et soutient les réformes menées en Ukraine visant à terme à faire entrer ce pays d’Europe de l’Est au sein de l’Union européenne. Cependant, le conflit dans le Donbass entrave le développement de l’Ukraine – Kiev doit dépenser d’énormes sommes d’argent pour son armée; des gens meurent presque tous les jours dans l’Est du pays; Kiev et Moscou sont empêtrés dans un profond conflit qui affecte les intérêts économiques de l’Ukraine. L’Europe, ayant pris le parti de l’Ukraine dans ce conflit, a imposé des sanctions à la Russie. Elles nuisent non seulement à l’économie russe, mais aussi à l’Union européenne. Par conséquent, les dirigeants de la France et de l’Allemagne essayent depuis toutes ces années de réconcilier Kiev, Moscou, Donetsk et Louhansk et d’en finir avec ce sanglant conflit. Le Format Normandie avec les leaders de ces quatre pays a été créé. Pourtant, jusqu’à présent, toutes ces tentatives n’ont pas abouti à un résultat tangible.

2019 peut avoir marqué un tournant en termes de perspectives de résolution du conflit dans le Donbass. En Ukraine, après deux élections, le pouvoir a complètement changé : le pays a élu un jeune président en la personne de Volodymyr Zelensky, celui-ci a désigné la réalisation de la paix dans le pays comme étant la tâche principale de son mandat. Fin 2018, la direction a aussi changé à Donetsk et à Louhansk – à la place des leaders radicaux de formations non reconnues, les plus modérés Leonid Pasetchnik et Denis Pouchiline sont arrivés au pouvoir. La chancelière allemande Angela Merkel, qui a longtemps été la principale artisane de la paix, a déclaré qu’elle ne se représenterait pas pour un nouveau mandat. Le président français Emmanuel Macron a modifié son discours en adoptant une attitude plus conciliante vis-à-vis de la Russie et est prêt à faire des concessions pour aboutir à la paix en Ukraine. En outre, le chef de la diplomatie étrangère de l’Union européenne a été remplacé et l’OSCE a nommé un nouveau représentant spécial en Ukraine.

Nous avons parlé avec de nombreux observateurs internationaux et experts politiques du sort de l’Ukraine et du Donbass. La plupart de nos interlocuteurs croit aujourd’hui beaucoup plus aux chances de mettre fin à la guerre en Ukraine. Cela est dû d’une part aux nouvelles réalités politiques et d’autre part aux nouvelles personnalités qui traitent ce problème. C’est ainsi que nous avons décidé d’identifier celles et ceux possédant une influence pouvant contribuer à mettre fin au conflit en Ukraine.

1. Le président russe Vladimir Poutine

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Vladimir Poutine dirige d’une main ferme son pays et défend les intérêts de la Russie à l’étranger. Moscou est initialement intervenue dans le conflit du Donbass en fournissant un soutien diplomatique et matériel aux rebelles. En fait, la Russie est devenue un représentant des républiques non reconnues sur la scène mondiale. C’est à cause de la Russie que Kiev ne peut pas résoudre le conflit par la force. Avec les dirigeants de l’Allemagne et de la France, Poutine a signé les accords de Minsk, qui auraient dû mettre fin à la guerre. A la fin de son mandat, le président sortant ukrainien Petro Porochenko a déclaré que les clés de la paix dans le Donbass n’étaient pas à Kiev, mais à Moscou. C’est probablement vrai.

Maintenant, Vladimir Poutine est dans une position dominante, car il n’a pas besoin de venir avec de nouvelles idées dans les négociations, mais peut juste rappeler à Kiev l’existence des accords de Minsk et la séquence des étapes qui y sont énoncées. Maintenant, la balle est du côté de l’Ukraine, car pour faire avancer le processus de paix, les autorités de Kiev doivent modifier la législation, en prévoyant des garanties de sécurité ainsi qu’un statut spécial d’autonomie pour la région rebelle. Et comme Kiev n’est pas encore prête à le faire, le processus est au point mort, ce que Poutine a déclaré directement après la réunion à Paris du 9 décembre.

Poutine a récemment adopté une position ferme sur la protection de la population russophone d’Ukraine. Il semble donc que Poutine soit prêt à intervenir dans les affaires intérieures de l’Ukraine de façon plus radicale, dans le cas où l’oppression de la langue russe et de la population russophone par les autorités et les forces radicales nationales se poursuit, notamment la fermeture des écoles de langue russe, la discrimination des médias russophones et l’Église orthodoxe ukrainienne, qui a historiquement toujours noué des liens avec l’Église orthodoxe russe.

De toute évidence, Poutine ne reviendra pas sur l’accord de Minsk, Zelensky devra donc respecter ce que Petro Porochenko a signé en 2015. Comprenant cela, Frank-Walter Steinmeier a proposé une formule qui mèneraient à la paix dans le Donbass. Il semble qu’actuellement, à Moscou, Paris et Berlin, on n’ait pas d’autres alternatives que cette formule Steinmeier.

Selon Poutine, les républiques non reconnues n’ont signé les accords de Minsk qu’après avoir été convaincues par la Fédération de Russie. Ils ont été coordonnés avec le Donbass, et « toute autre loi non convenue avec la LNR et la DNR ne fonctionnera pas, cela aboutirait à une impasse ». Poutine a répété à plusieurs reprises que si la Garde et la Police nationales ukrainiennes entraient dans la zone de désengagement, «rien de bon n’en résulterait, car il y aurait en retour une réponse des combattants pro-russes». Il semble que tout le monde comprenne déjà que la paix n’est possible qu’aux termes des accords de Minsk.

Voilà pourquoi Vladimir Poutine est la principale personnalité dont dépend la paix dans le Donbass.

2. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky

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Si la clé de la paix dans le Donbass réside à Moscou, reste à savoir si le nouveau dirigeant ukrainien serait en mesure de permettre à l’Ukraine de reprendre cette clé et de l’utiliser pour parvenir à la paix. Volodymyr Zelensky est une célébrité en Ukraine. Ce présentateur et acteur de télévision, qui ridiculisait les politiciens, à 41 ans, après avoir reçu un soutien record aux élections – plus de 73% des voix, est devenu tout d’un coup président.

Lors de la campagne présidentielle, Zelensky s’est donné comme mission principale de mettre fin au conflit dans le Donbass. Cependant, jusqu’à présent, ses progrès dans ce domaine restent modestes. D’un côté, Zelensky a réussi à obtenir de Moscou l’échange de personnes détenues, ce qui a permis par exemple à Oleg Sentsov de sortir de la prison russe. La Russie a aussi rendu à l’Ukraine ses navires détenus lors de l’incident près du détroit de Kertch fin 2018.

Fin décembre, Kiev, Donetsk et Louhansk ont également procédé à un échange important de personnes détenues. Des deux côtés, plus de 200 personnes ont été libérées. Il semblerait que les portes de la réconciliation se soient ouvertes, mais sur le plan politique, aucun progrès significatif n’a été observé.

Le fait est que Zelensky n’approuve pas le texte des accords de Minsk. «Je le dis honnêtement: je ne suis pas d’accord avec la façon dont ce problème a été résolu à Minsk. Selon l’accord de Minsk, d’abord auront lieu les élections, puis ensuite le contrôle de la frontière », a déclaré le dirigeant ukrainien. Kiev insiste sur le fait que les élections locales dans les zones occupées ne peuvent avoir lieu qu’en vertu de la loi ukrainienne et après la désoccupation. Mais il s’agirait d’une révision des accords. Et comme mentionné plus tôt, ni la Russie ni Donetsk ni Louhansk n’accepterait cela; en l’état, c’est une impasse.

Pour certains en Ukraine, Zelensky aurait été forcé par les nationalistes, qui se sont massivement exprimés dans la rue, de ne faire aucune concession à la Russie. De plus, ces manifestations dans les rues ont été soutenues par l’ancien président et son parti politique. Lors d’une rencontre à Paris du Format Normandie, la rhétorique de Zelensky ressemblait à celle de son prédécesseur Petro Porochenko, et les mésententes entre Kiev et Moscou n’ont pas été résolues. Cependant, Paris et Berlin espèrent que Kiev sera plus complaisante sous le nouveau gouvernement, ce qui obligerait le maître du Kremlin à faire des concessions.

Le temps ne joue pas en faveur de Zelensky. Chaque jour, sa côte de popularité tombe en raison de la situation économique difficile du pays et des bévues évidentes du nouveau gouvernement dans les domaines financier et social. Le nouveau président n’a pas sû tenir ses promesses concernant les tarifs des services publics, la question de la langue et la corruption. Maintenant, sa côte de popularité a baissé en passant de 73% à moins de 50%. S’il était bien plus soutenu, Zelensky pourrait prendre des mesures envers Donbass, mais actuellement l’opposition à sa politique ne fait qu’augmenter, ce qui réduit les chances de réconciliation entre Kiev et le Donbass.

3. Le président français Emmanuel Macron

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Emmanuel Macron, en plus de devoir gérer une crise interne en France, a obtenu le rôle d’artisan de la paix à Donbass. Cependant, le bien-être de la France dépend également de la résolution du conflit dans la lointaine Ukraine, dans la mesure où les sanctions contre la Russie nuisent à l’économie de l’Union européenne. Dans le contexte du départ imminent d’Angela Merkel de son poste, Macron est resté le principal négociateur européen dans le conflit entre Kiev et Moscou. Et le président français a pris son rôle à cœur, modifiant sa politique à l’égard de la Russie.

L’Ukraine n’est désormais plus le principal problème de l’Europe. Tel est le message de Macron. Les ambitions nucléaires de l’Iran, le Moyen-Orient et les querelles entre Bruxelles et Washington – l’Europe traverse une période difficile. Bruxelles perd de son influence. Par conséquent, le chef de l’Élysée veut bâtir une « nouvelle architecture de confiance » entre l’Europe et la Fédération de Russie, mais il devra d’abord convaincre ses partenaires européens, en particulier les Roumains, les Polonais et les Baltes, qui refusent d’y croire, mais en même temps s’y intéressent.

« Pousser la Russie loin de l’Europe est une profonde erreur stratégique parce que nous poussons la Russie soit à un isolement qui accroît les tensions, soit à s’allier avec d’autres grandes puissances comme la Chine,  a déclaré le président français lors d’une réunion avec les ambassadeurs de son pays en août , — Le continent européen ne sera jamais en sécurité, si nous ne pacifions pas et ne clarifions pas nos relations avec la Russie. »

Mais pourquoi Macron fait-il un tel demi-tour? Il a lui-même répondu, déclarant que l’ère de l’hégémonie occidentale touchait à sa fin. « Les circonstances changent. La Chine est entrée au premier rang et la Russie fait mieux dans sa stratégie … Nous savons que les civilisations ont disparu. L’Europe disparaîtra. Et le monde sera organisé autour de deux grands pôles: les États-Unis et la Chine, et nous aurons le choix entre les deux forces dominantes », explique le leader français, invitant l’Europe à considérer ce scénario inévitable.

Aujourd’hui, Moscou et Bruxelles ont, pour faire simple, un grave problème qui les empêche de se rapprocher : l’Ukraine. La question de la Crimée et du Donbass, les sanctions – Macron ne pourra pas s’en détourner. Le monde ne comprendrait pas. Mais si Kiev et Moscou s’engagent dans la réconciliation et règlent les différends, l’Europe serait soulagé et pourrait « rebattre les cartes », et établir « un dialogue franc et exigeant avec la Russie ».

Voilà pourquoi Emmanuel Macron encouragera activement le président ukrainien à remplir les accords de Minsk. L’Europe est fatiguée du conflit dans le Donbass, et Macron veut y mettre fin le plus tôt possible, devenant un président pacificateur.

4. La Chancelière allemande Angela Merkel

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Angela Merkel voulait également œuvrer pour la paix, mais son temps est compté et il n’y a aucun résultat. Pendant toutes ces années, la chancelière a soutenu activement les sanctions contre la Russie, faisant appel au droit international et exigeant que Vladimir Poutine cesse de presser l’Ukraine. Merkel a développé de bonnes relations avec l’ancien président de l’Ukraine Petro Porochenko. Cependant, les pressions internes exercées sur la Chancelière en raison des sanctions, ses problèmes de santé et les problèmes économiques en Europe obligent la dirigeante allemande à abandonner. Et à la fin de son mandat, Angela Merkel a concédé du terrain faisant des concessions aux grandes entreprises et à l’opposition. Les critiques de la chancelière contre Vladimir Poutine sont devenues de moins en moins évidentes, les pays se sont mis d’accord sur l’achèvement du projet Nord Stream 2, et Emmanuel Macron a remporté la place de meneur de la diplomatie européenne.

D’un autre côté, Merkel elle-même est devenue l’otage de sa politique ambivalente. L’UE a imposé des sanctions à la Russie, mais l’Allemagne a soutenu la construction du projet géopolitique du Kremlin : le gazoduc Nord Stream 2. Aujourd’hui, Berlin peut s’étonner de la main tendue de Macron envers Moscou, mais l’Allemagne elle-même, dirigée par Merkel, a toujours agi prudemment, en gardant à l’esprit qu’ils devront tôt ou tard tolérer la Russie. C’est l’Occident qui a conseillé à Kiev de ne pas envoyer de résistance armée se battre face aux troupes de la Fédération de Russie, qui ont annexé la Crimée. Une telle politique a conduit à la situation actuelle.

Le chef du gouvernement allemand ne se fait pas d’illusion : Merkel voit que l’Est de l’Ukraine est sur le point de se séparer de l’Ukraine. Cependant, la Chancelière a les mains liées : Poutine n’a pas l’intention de se retirer de sa position, Macron est prêt à fermer les yeux sur cela, et l’opposition interne exige que Merkel se réconcilie avec la Russie. Pour finir sur une bonne note, Merkel a besoin d’obtenir un résultat en Ukraine. Mais pour réellement avancer dans les conditions actuelles, un compromis est nécessaire. Pour elle, les accords de Minsk sont une bonne option. Merkel est obligée de promettre à Poutine de faire pression sur Kiev afin que l’Ukraine tienne ses promesses faites dans le cadre des accords de Minsk. En guise de compensation, Kiev reçoit la garantie que le transit du gaz à travers l’Ukraine se poursuivra.

Oui, l’Europe est maintenant prête à exiger de Zelensky la mise en œuvre des accords de Minsk, comme demandés par Poutine. Personne en Europe ne peut dire où cela mènera, mais il ne semble pas y avoir d’autre moyen. Angela Merkel n’a pas été en mesure de réconcilier les pays en conflit selon le droit international, mais à la fin elle essaie de le faire selon la logique du moment.

5. Le président américain Donald Trump

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Le leader américain s’est éloigné des problèmes européens, se concentrant sur l’économie et les élections américaines. De temps en temps, Washington assure son soutien à l’Ukraine et rappelle la nécessité de mettre fin au conflit, mais il est clair que la Maison Blanche n’est pas particulièrement intéressé par la guerre du Donbass. Afin de prouver en quelque sorte son implication en Ukraine et défendre ses intérêts géopolitiques dans ce pays, Trump a remis les affaires au Département d’État. En même temps, l’homme de main de Washington en Ukraine, Kurt Volker, est devenu célèbre à cause de ses piques verbales envers la Russie, et non pas à ses tentatives pour régler le conflit, pour lequel, par conséquent, il a été démis de son poste.

Trump ne veut pas entrer en conflit avec la Russie, car les principaux intérêts du président américain sont la Chine, la Corée du Nord, l’Iran et l’Union européenne. Il y a eu des propositions pour inclure Washington dans le Format Normandie, mais Trump ne s’est pas montré intéressé. Le leader américain cherche un intérêt financier pour son pays dans la géopolitique et l’Ukraine n’a rien à donner à Washington dans ce domaine. Mais Kiev est devenue une alliée possible pour la victoire de Trump aux élections de 2020. Si le président échappe à la destitution et complète l’enquête sur une éventuelle corruption de la famille Biden en Ukraine, cela pourrait le rendre président pour un nouveau mandat. C’est le véritable intérêt de Trump pour l’Ukraine.

Mais Kiev a un atout de plus dans sa manche : la soif d’argent de Trump a conduit Washington et Moscou à un conflit gazier en Europe. Les États-Unis ont imposé des sanctions à Nord Stream 2 et bloqué sa construction. Kiev a utilisé les agissements de Washington dans ses négociations avec la Russie sur le gaz. Malheureusement pour l’Ukraine, Trump et Poutine n’ont pas de tels désaccords sur le plan politique, et donc la question des territoires reste secondaire pour la politique américaine.

Bien que théoriquement l’Ukraine pourrait devenir une monnaie d’échange dans les négociations entre Trump et Poutine sur d’autres questions géopolitiques. Il y en a aussi beaucoup dans ce cas : Syrie, Iran, Corée du Nord. Si le président américain le voulait, il pourrait s’impliquer dans le processus de paix à Donbass. Au moins, Washington a une influence énorme sur Kiev. Mais Trump n’a pas encore ce désir. Et le conflit entre Washington et Bruxelles n’encourage pas les États-Unis à résoudre les problèmes européens.
Mais maintenant, la politique américaine dépend largement des prochaines élections. Qui sait ce qui se passera si Trump est réélu pour un second mandat. Les Républicains ont toujours été beaucoup plus sceptiques à l’égard de la Russie et de ses ambitions en Europe. Peut-être qu’après les élections, les États-Unis changeront d’attitude face aux problèmes européens. Au moins, Trump n’a pas gelé l’aide militaire à l’Ukraine. Au contraire, Kiev et Washington ont signé un nouveau contrat pour l’achat de systèmes Javelin.

6. Le leader du principal parti d’opposition en Ukraine Viktor Medvedtchouk

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Viktor Medvedtchouk a consacré les six dernières années à la réconciliation de Kiev et Moscou. Son influence lui a permis de parler directement avec les dirigeants des deux pays. Medvedtchouk connaît bien Poutine et, par conséquent, comme il le dit lui-même, utilise ses relations pour aider son pays. Pendant la présidence de Petro Porochenko, Viktor Medvedtchouk s’engageait avec succès dans l’échange de prisonniers : près de 500 personnes ont été libérées grâce à ses négociations. Le politicien a établi des relations avec les dirigeants des républiques non reconnues, devenant une personne qui est écoutée non seulement à Kiev et à Moscou, mais aussi à Donetsk et à Louhansk. Medvedtchouk est le seul homme politique ukrainien à s’entretenir avec les dirigeants des LNR et DNR.

Cependant, après que Porochenko ait refusé l’échange «tous pour tous», Medvedtchouk a quitté le groupe de négociation et est entré en politique, tout en continuant de s’engager à titre privé pour la libération des prisonniers. Grâce à ses liens et à son influence, il a réussi à libérer quatre soldats en 2019. D’ailleurs, le président Volodymyr Zelensky a refusé les services de Medvedtchouk – peut-être par jalousie du président nouvellement élu envers Medvedtchouk sur la question d’une résolution pacifique. Cette jalousie a pris des formes radicales après que Zelensky ait publiquement menacé Medvedtchouk et les chaînes de télévision qui soutiennent une résolution pacifique. Les autorités ont ouvert une série d’affaires pénales pour des réunions avec les dirigeants de la Fédération de Russie, et les forces de sécurité contrôlées par Zelensky ont même perquisitionné les bureaux de Medvedtchouk, ce qui a provoqué une réaction clairement négative dans la communauté internationale.

Le parti « Plateforme d’opposition – Pour la vie », dont l’homme politique occupe une des positions de premier plan, est entré dans l’opposition au nouveau gouvernement, critiquant Zelensky pour avoir trahi les électeurs sur la question de la paix dans le Donbass.

Medvedtchouk a élaboré un plan de paix reposant sur les accords de Minsk, qui a trouvé un écho au Parlement européen et au Sénat en France. Plus important encore, il a été approuvé à Moscou, Donetsk et Louhansk, parce que selon le plan de paix de Medvedtchouk, les républiques non reconnues peuvent revenir à l’Ukraine si elles bénéficient d’autonomie.

Néanmoins, officiellement, Kiev fait savoir qu’elle ignore cette initiative de Medvedtchouk, tout comme beaucoup d’autres. L’opposant est convaincu que les nouvelles autorités de Kiev sont influencées par les nationalistes et n’ont tout simplement pas la volonté politique de négocier avec la Russie et les républiques non reconnues, et donc qu’aucun plan ne leur conviendra.

En outre, Medvedchuk a lancé un nouveau format pour une résolution pacifique et a créé un groupe interparlementaire du dialogue pour la paix avec la Russie, la France et l’Allemagne, qui, en impliquant les députés des quatre pays en elle, a amené à un autre niveau les négociations vers un processus de paix.

7. Les dirigeants de la République populaire de Donetsk (DNR) et République populaire de Louhansk (LNR) Denis Pouchiline et Leonid Pasetchnik

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Les nouveaux dirigeants des républiques non reconnues sont à la tête de ces entités depuis un an seulement. Contrairement à leurs prédécesseurs, Pouchiline et Pasetchnik sont plus enclins aux négociations et aux compromis politiques. Premièrement, ils se déclarent prêts à entamer des pourparlers de paix directs avec les autorités ukrainiennes, jusqu’à la pleine mise en œuvre des accords de Minsk (et cela signifie le retour des territoires occupés au sein de l’Ukraine). Deuxièmement, la rhétorique belliqueuse des DNR et LNR disparaît progressivement. Si aucun accord n’aboutit avec l’Ukraine, les dirigeants de ces entités non reconnues sont prêts à se rapprocher de la Russie, mais les rebelles n’ont pas grand désir de se battre. De plus, la Russie n’est pas prête à annexer la DNR et la LNR, et donc les entités non reconnues n’ont pas d’autre choix que de négocier.

Pouchiline et Pasetchnik dépendent de la Russie, c’est un fait. Toutefois, ils ne doivent pas être considérés comme des marionnettes obéissant aveuglément au Kremlin. Avec près de 6 ans d’ «indépendance», Donetsk et Louhansk s’éloignent de plus en plus de Kiev au fil du temps. Ici, les dirigeants des républiques ont leurs propres ambitions, leurs propres exigences, qui doivent également être prises en compte. Jusqu’à présent, Kiev n’est pas prête à faire ouvertement des concessions, ce qui est compréhensible. Mais il faudra prendre ces mesures si les parties veulent vraiment la paix.

Aujourd’hui, Kiev tente de négocier d’abord avec la Russie, sans considérer les demandes des DNR et LNR. A ce stade, cette stratégie a le droit d’exister, mais que se passera-t-il quand un accord entre Kiev et Moscou sera trouvé ?

Dans tous les cas, les dirigeants des républiques non reconnues sont de toute évidence réticents à revenir sous la tutelle de Kiev. Ils font tout pour que la Russie reconnaisse leur indépendance ou pour se joindre à cet État voisin, mais pas pour revenir au sein de l’Ukraine.

8. Le président biélorusse Alexandre Loukachenko

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Le président du Bélarus tente de jouer sur la confrontation entre l’Occident, la Russie et l’Ukraine. Si jusqu’en 2014 Minsk était isolé sur la scène internationale, le Bélarus a aujourd’hui établi un dialogue avec l’Europe, jouant le rôle de médiateur entre l’Ukraine et la Russie, et surtout – a reçu non seulement des récompenses politiques, mais aussi économiques de cette situation. À Minsk, Loukachenko a permis des négociations entre Kiev, Moscou, Donetsk et Louhansk. Et au milieu de la décroissance des activités économiques entre l’Ukraine et la Russie, une redirection des flux logistiques et économiques entre ces pays s’est faite via la Biélorussie. Les sanctions européennes ont permis à Minsk de devenir un fournisseur de produits européens à la Russie.

En dépit de tous ces avantages, la position de Loukachenko est fragile. En manœuvrant entre Kiev et Moscou, le président du Bélarus agace parfois d’un côté comme de l’autre. Étant donné que le Bélarus ait trouvé sa place dans une telle situation politique, il est possible que Loukachenko soit intéressé par le maintien de l’état actuel des choses. Après tout, il pourrait, semble-t-il, faire plus, compte tenu de ses relations avec Poutine et Zelensky, qui, dans sa politique, prend exemple sur le leader biélorusse.

Peut-être que l’Europe devrait davantage tenir compte de Loukachenko. Le président du Bélarus est écouté à la fois à Kiev et à Moscou.

9. Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell

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Il est surprenant qu’un diplomate tel que Josep Borrell soit devenu haut représentant de l’UE. En effet, alors que l’Europe semble vouloir progressivement se réconcilier avec la Russie, elle nomme en la personne de Borrell un ardent critique de Moscou. Alors ministre des Affaires étrangères de l’Espagne, Borrell qualifiait la Russie de « vieil ennemi » de l’Union européenne. Cet automne, lors d’une audition à la Commission des affaires étrangères du Parlement européen, il l’a répété. Et maintenant, il devra négocier avec le «vieil ennemi».

Alors que beaucoup demande en Europe à lever les sanctions contre la Russie, Borrell demande au contraire de les maintenir. «Les sanctions doivent être maintenues jusqu’à ce que le comportement de la Russie change», estime Borrell qui souhaite aussi changer le principe d’imposition des sanctions : non plus à l’unanimité, mais à la majorité. Cet automne, le diplomate espagnol a beaucoup parlé de la menace russe, de la nécessité de faire face à l’expansionnisme russe et du soutien à l’Ukraine. De nombreux actuels et futurs commissaires européens tentent de ne pas mentionner la Russie. On a par exemple souvent reproché cela à l’ancienne chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini.
Il sera intéressant de voir comment Borrell s’inscrit dans la politique européenne envers la Russie et si la rigueur de sa rhétorique contribuera à mettre fin au conflit en Ukraine. Jusqu’à présent, les faucons n’ont pas été en mesure de convaincre Poutine de changer sa politique, et on ne peut savoir si Borrell pourra remplir son rôle de colombe de la paix.

10. Heidi Grau, la Représentante spéciale de l’OSCE pour l’Ukraine

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La diplomate suisse Heidi Grau a été nommée en décembre nouvelle représentante spéciale du président en exercice de l’OSCE en Ukraine et du groupe de contact trilatéral pour le règlement de la situation dans le Donbass. Elle a remplacé le diplomate autrichien Martin Sajdik, qui ne laissera dans les mémoires rien de constructif. L’OSCE a été complètement impuissante dans le Donbass durant toutes ces années, et les louanges adressées à Sajdik à la fin de son contrat ne sont pas méritées.

L’OSCE a été missionnée de faciliter la réconciliation des parties, mais cela n’est guère possible en l’état actuel des choses. Par conséquent, lors de la réunion de Paris, les dirigeants des quatre pays du Format Normandie sont tombés d’accord pour élargir le mandat de la Mission et être en mesure de vérifier et surveiller 24 heures sur 24 le respect du cessez-le-feu dans le Donbass. L’Ukraine souhaite également savoir comment les observateurs de la Mission spéciale de surveillance (SMM en anglais) se rendent à la frontière ukraino-russe et s’ils peuvent y rester.

Dans ce nouveau rôle, Heidi Grau est une diplomate ordinaire dont les mains sont liées par les protocoles de l’OSCE. Cependant, en cas de changements dans le processus de paix, l’influence de la mission dans le Donbass augmentera.

En particulier, ça dépendra en grande partie de l’OSCE si les parties respecteront ou non le cessez-le-feu. Selon le Président en exercice actuel de l’OSCE, Miroslav Lajčák, l’une des priorités de son travail consiste à soutenir un règlement politique de la situation dans le Donbass et de l’aide humanitaire, il va donc confier ces tâches au nouveau Représentant spécial de l’OSCE lors des pourparlers de Minsk.

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