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Retrouver le temps long

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Se lever chaque matin sans savoir de quoi la journée sera faite. Les enseignant.es sont-ils absents pour cause de COVID ? L’établissement scolaire va-t-il appeler dans la journée pour indiquer que mon enfant est cas contact ? Faudra-t-il courir à travers la ville ou jusqu’à la ville suivante pour trouver un test et renouveler l’opération tous les deux jours ? Sera-t-il possible d’aller travailler ?

L’absence d’anticipation de la rentrée scolaire de début janvier semble invraisemblable, on croirait à une mauvaise blague devant ce qui ressemble à de l’amateurisme, après pourtant deux années de pandémie. Mais si l’on prend un peu de recul, n’est-ce pas là l’aboutissement de la logique néolibérale ?

Barbara Stiegler, professeure de philosophie à l’Université Bordeaux-Montaigne et membre du Parlement de l’Union Populaire étudie les logiques du néolibéralisme. Elle explique que les néolibéraux ont réinvesti l’Etat « pour assurer le fonctionnement optimal du marché, […] la concurrence libre et non faussée »[1] et que le mode de vie des humains serve les intérêts du capitalisme international. Pour elle, les injonctions à « s’adapter » en permanence, et les « réformes » présentées comme indispensables pour ne pas être « en retard » par rapport à la marche du monde, visent à mettre la logique de la concurrence partout, dans l’intérêt des puissants, et à contourner les questions de fond du temps long.

Agir dans une logique d’urgence permanence, où chacun.e n’a d’autre choix que de se débrouiller pour s’en sortir – réussir à trouver un test, mener de front son travail et la garde des enfants… – empêche la réflexion et ne laisse que peu de disponibilité pour se coordonner et réfléchir à une alternative. Elle permet aussi de faire passer des mesures liberticides en réaction aux effets immédiats plutôt que des mesures de long terme pour traiter les causes et les donc les désastres du système capitaliste.

Ça semble être le projet de Macron : si tout le monde boit la tasse en tentant d’organiser le quotidien, personne n’aura la tête à changer de cap en avril. Pourtant, s’en est trop : enseignants, personnels éducatifs et parents ont eu bien raison de faire part de leur colère par la grève massive du 13 janvier 2022. Les personnels des hôpitaux, malgré la surcharge, continuent de manifester. Il en est de même pour les travailleurs sociaux. Les disponibilités pour réfléchir à un autre monde se multiplient.

La sortie de crise durable passera par des remises en cause profondes du système capitaliste actuel : mettre fin aux conditions d’élevage intensives des animaux qui rendent possibles la transmission des virus vers les êtres humains en interdisant les fermes-usine. Refonder l’hôpital public en le sortant de la logique de rentabilité qui le tue depuis 20 ans. Repenser le système éducatif comme une école de l’émancipation, qui forme des citoyens avant tout. Autant de propositions qui pensent le temps long et qui figurent au programme de l’Union Populaire.

Claire Mazin

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