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Pauvreté : l’urgence

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Les chiffres donnent le vertige : 10 millions de pauvres, 8 millions de personnes ayant recours à l’aide alimentaire, 6 millions d’inscrits à Pôle Emploi, au moins 300 000 SDF. Le nombre de bénéficiaire du RSA a augmenté de 10% cette année imposant la question du retour à une prise en charge par l’Etat.

Il y a urgence. Jean-Luc Mélenchon l’a pleinement compris en indiquant que, avec la convocation de l’assemblée constituante de la 6e République, sa première décision en cas d’élection serait un plan énergique contre la pauvreté. Les grandes lignes sont identifiables : réquisition les logements vacants, arrêt des coupures d’eau, électricité ou gaz et gratuité des quantités de ces biens publics nécessaires à une vie digne, gratuité des cantines scolaires pour offrir à chaque enfant au moins un repas complet par jour.

Mais comme le vieil Hugo, nous ne voulons pas seulement secourir les misérables, nous voulons supprimer la misère. Nous ne nous satisfaisons pas de la charité ni même de sa version laïque, la solidarité. Il en faut, surtout en ce moment, et les insoumis s’honorent à organiser des collectes ensuite reversées aux associations caritatives. Mais cela ne suffit pas à qui veut l’égalité, la justice sociale, la dignité. Car pendant ce temps, les riches continuent de s’enrichir, les inégalités de se creuser.

C’est bien la machine à fabriquer des pauvres qui doit être brisée. Tout le monde est pour ? Comment se fait-il alors que tant de pauvres supplémentaires aient été « créés » ces dernières années ?

Pour affronter cette réalité, il faut la nommer. N’est pas pauvre seulement celui qui dort dehors. Les privations sont de tous ordres : logement, santé, alimentation, loisirs.
Pauvreté : l’urgence
Face à cela, on peut tracer un chemin : éradiquer le non-recours aux droits sociaux, rattraper les décrocheurs scolaires, assurer un suivi médical des chômeurs, généraliser l’expérience « territoire zéro chômeur de longue durée ».

Mais la lutte contre la pauvreté ne doit pas être que ciblée. C’est aussi par des mesures d’ordre général, profitant à tous, qu’elle progressera : rembourser à 100% les soins par la sécurité sociale, faire baisser les loyers et construire massivement des logements à loyer modéré, lutter contre les inégalités environnementales (malbouffe, expositions aux pollutions etc.), garantir l’autonomie des jeunes…

Au-delà, c’est tout le système économique qu’il convient d’inverser pour créer des emplois de qualité en grand nombre, payer mieux le travail par la hausse des salaires, construire une sécurité sociale professionnelle face au chômage, au précariat et à l’ubérisation, briser les inégalités de patrimoine.

Cela ne se fera qu’en ayant conscience de l’enjeu politique que représente l’exclusion démocratique de ceux que la vie brise, épuise, dégoûte, et la crainte du déclassement des classes moyennes. A l’aube du 150e anniversaire de la Commune de Paris, les paroles de Jean-Baptiste Clément indiquent la voie à suivre. Les mauvais jours finiront. Quand tous les pauvres s’y mettront.

Matthias Tavel

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