Début Societe Manifestations du 1er-Mai : un virage stratégique pour les Gilets jaunes?

Manifestations du 1er-Mai : un virage stratégique pour les Gilets jaunes?

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Cinq mois après le début du mouvement, les Gilets jaunes cherchent comment rebondir. Pour le 1er-Mai, certains comptent sur le soutien des Black blocs, d’autres sur celui des syndicats.

Les manifestations du 1er-Mai vont-elles permettre aux Gilets jaunes de remobiliser? Samedi, 23.600 manifestants seulement ont défilé en France dont 2.600 à Paris, mais la journée de mercredi sera évidemment particulière. Dans une vidéo en direct sur YouTube, Maxime Nicolle a parlé samedi soir de « ceux qui veulent que les choses avancent rapidement » et souhaitent que le mouvement se « structure ». Depuis plusieurs jours, on assiste en effet à des discussions et des convergences entre Gilets jaunes et d’autres groupes, notamment les Black blocs ou les syndicats.

Ces appels du pied ne sont pas nouveaux, mais les manifestations du 1er-Mai pourraient être l’occasion de concrétiser ces convergences. La mobilisation devrait donc être plus importante : « Beaucoup de gens n’ont pas participé ce week-end parce que financièrement c’était plus simple pour eux le 1er-Mai », soulignait samedi Maxime Nicolle. Il y a eu une « baisse d’intérêt pour l’acte 24 au profit du 1er Mai », confirme une source policière à l’AFP.

Des appels à un 1er-Mai « jaune et noir »
Avant la mobilisation de mercredi, qui sera un « véritable test », selon la police, les forces de l’ordre sont donc sur le qui-vive. Le 1er Mai, « on sait bien que les ultras violents, ultra gauche mais aussi des ‘ultras jaunes’ viendront pour casser sur Paris et pas seulement sur Paris », a déclaré vendredi Christophe Castaner sur France Info.

Des appels à la convergence entre Gilets jaunes et Black blocs ont déjà été lancés. La page Facebook « Black Bloc France » a notamment appelé fin mars à faire de Paris la « capitale de l’émeute » à l’occasion d’un 1er-Mai « jaune et noir ». Des appels régionaux de ce type ont aussi été lancés.

L’arrivée des Black Blocs permet aux Gilets jaunes de faire gonfler les rangs

« L’arrivée des Black Blocs permet [aux Gilets jaunes] de faire gonfler les rangs et d’avoir une population plus jeune au sein des cortèges », analysait sur LCI Caroline Guibet Lafaye, chercheuse au CNRS spécialisée dans les questions de radicalité et de violence politique. « De plus, on multiplie les émissions autour des destructions. Une audience qui n’est jamais apportée à l’ensemble des propositions formulées par le mouvement. Donc oui, ces phénomènes marginaux de casse sont un support pour les Gilets jaunes. »

Les forces de l’ordre redoutent un « spectacle » similaire à celui de l’an dernier, lorsque 1.200 Black blocs avaient saccagé Paris une partie de l’après-midi. Le trajet emprunté par la manifestation, cette fois, n’enjambe pas la Seine, mais va relier la gare Montparnasse à la place d’Italie. Reste à savoir si les Gilets jaunes suivront le parcours de la manifestation officielle.

L’événement Facebook le plus suivi, intitulé « 2 Millions De Personnes Sur Les Champs Le 1er Mai », donne en effet rendez-vous sur la célèbre avenue parisienne, interdite à la manifestation depuis les violences du 16 mars durant lesquelles le Fouquet’s avait été brûlé notamment. Et comme lors de tous les actes des Gilets jaunes, des manifestations sauvages ne sont pas à exclure, Black blocs ou Gilets jaunes radicaux pouvant quitter le cortège.

Des cortèges communs avec les syndicats
D’autres estiment que le mouvement doit se rapprocher des syndicats. Si l’idée fait toujours débat au sein même des Gilets jaunes, une « convergence des luttes » n’est pas rejetée par tous. Samedi, lors de l’acte 24, des gilets rouges de la CGT, des Gilets jaunes et des représentants de partis de gauche se sont mêlés.

Cette action avait reçu le soutien du PCF, de personnalités comme la journaliste Aude Lancelin ou la Gilet jaune Priscillia Ludosky. Des militants NPA étaient notamment présents, tout comme, côté LFI, Jean-Luc Mélenchon et Adrien Quatennens.

Petit à petit, les Gilets jaunes se rendent bien compte que l’organisation est quand même nécessaire

« C’est une première étape, c’est un succès. Ça nous a permis de manifester ensemble et qu’on soit tous entendus », se félicitait samedi Amar Lagha, secrétaire général de la fédération CGT du commerce, sur Franceinfo. « Dans les territoires et les départements, je pense à Marseille, dans le Nord, à Toulouse, il y a déjà cette convergence territoriale locale. On a essayé de réfléchir avec certains militants et figures des Gilets jaunes : est-ce qu’on peut multiplier cela au niveau national? », s’interrogeait-elle.

Ailleurs en France, syndicats et Gilets jaunes défileront parfois dans le même cortège mercredi. Ce sera notamment le cas à Besançon (Bourgogne-Franche-Comté), où la CGT et les Gilets jaunes feront cause commune après s’être mis d’accord sur les revendications prioritaires. « Petit à petit, [les Gilets jaunes] se rendent bien compte que l’organisation est quand même nécessaire », se félicite un responsable local de la CGT cité par L’Est Républicain. La presse locale évoque aussi des manifestations communes à Lille ou Caen. Un rapprochement qui préfigure peut-être de l’évolution du mouvement.

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