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L’Université de Bordeaux souhaite être propriétaire de son patrimoine immobilier

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Jeudi 18 octobre 2018, l’Université de Bordeaux a annoncé vouloir devenir propriétaire d’une grande partie de son parc immobilier. Le patrimoine et le foncier de la faculté bordelaise appartiennent, depuis sa construction, à l’État français. Par un processus de dévolution, ’Université girondine pourrait récupérer 85% de son patrimoine, dont 29 hectares de terrain offrant une constructibilité potentielle de 450.000 m² de surface de plancher, pouvant servir à l’élaboration de 10.000 logements étudiants. Selon les premières données communiquées, l’Université pourra tirer profit de 400M€ sur 20 ans, grâce à la transformation de ses campus. Ces derniers pourraient, alors, devenir de petits morceaux de villes dans lesquels se trouveront : logements, commerces de proximité et même entreprises et startups.

Quel est l’intérêt pour l’Université de Bordeaux de devenir propriétaire de son patrimoine immobilier ? Quel coût cela engendrera-t-il ? Est-ce une bonne solution pour l’agglomération bordelaise que la faculté de Bordeaux soit propriétaire de son foncier ?

Le processus de dévolution du patrimoine des universités

La dévolution du patrimoine des universités n’est pas un sujet nouveau. Il est même ancien et a déjà été utilisé à plusieurs reprises par d’autres universités comme : Toulouse I, Poitiers ou encore la faculté d’Auvergne. Cette dernière est d’ailleurs la première université de France à avoir été propriétaire de ses murs depuis 2011.

La dévolution du patrimoine fait partie intégrante du processus d’autonomie des universités. Elle est un outil essentiel dans l’amélioration de la gestion du patrimoine qui permet de réhabiliter, de construire et de mieux valoriser le parc immobilier des universités.

Les atouts de la dévolution du patrimoine

Les bénéfices pour une université d’avoir recours à la dévolution de son patrimoine sont au nombre de 5, si l’on en croit les informations partagées par le site internet de l’enseignement supérieur :

L’université est capable de financer elle-même les travaux sans avoir à effectuer une demande à l’État
L’université connaît ses moyens financiers et peut donc planifier ses projets sur le long terme
L’université peut acheter ou vendre des bâtiments et des terrains, tout en conservant 100% des produits de cession en cas de vente
L’université peut adapter son parc immobilier à ses besoins et à ses activités
L’université peut adopter une gestion immobilière durable en prenant en compte les coûts de maintenance ultérieurs.
Comment Bordeaux souhaite-t-elle valoriser son patrimoine ?
En récupérant 85% du foncier, l’Université de Bordeaux et son président Manuel Tunon de Lara, souhaitent valoriser le patrimoine de plusieurs façons. La première étant la réduction de certains bâtiments et la seconde la construction de nouveaux complexes immobiliers.

La valorisation par la réduction immobilière

Cela peut paraître paradoxal, mais l’Université de Bordeaux souhaite revoir la superficie de certains de ses bâtiments. Effectivement, d’ici 2023, elle ambitionne de réduire la surface des amphithéâtres les plus grands pour les rendre plus modulaires. L’intérêt étant d’optimiser l’espace et de l’adapter aux besoins des étudiants. D’ici 2023, les bâtiments occupés par l’université de Bordeaux seront réduits de 4.4%.

Les logements étudiants, l’enjeu majeur de l’Université de Bordeaux

Manuel Tunon de Lara a également évoqué l’idée de construire de nouveaux logements étudiants. Effectivement, le manque de ces habitations se fait sentir au fur et à mesure des années. Et pour cause, au sein de l’agglomération l’augmentation de l’effectif étudiant est en perpétuelle augmentation.

”On pense pouvoir construire jusqu’à 10.000 logements étudiants. En tout cas, on va en faire une priorité, même si cela se fera aux côtés du Crous et sans s’y substituer”, affirme le président de l’Université de Bordeaux.
Mais pour que cela soit possible, une Société Universitaire de Recherche doit être créée, comme le démontre l’article “L’Université de Bordeaux veut devenir propriétaire” du site internet aqui.fr. Selon ce média, cette institution sera mise en place en 2019. L’Université de Bordeaux en sera le principal actionnaire, aux côtés de Bordeaux Montaigne et des collectivités de Pessac et de Talence.

Sur les 29 hectares de terres “vierges”, des logements étudiants seront créés. Soit 450.000 m² de surface de plancher réservée à des habitants universitaires, des commerces de proximité, des infrastructures de services et à l’implantation de jeunes entreprises. Ces constructions doivent sortir de terre dans les vingt prochaines années. Manuel Tunon de Lara imagine que ces campus universitaires deviennent de véritables “morceaux de villes”.

Un projet commun entre le CHU et l’Université de Bordeaux

Le CHU des enfants à Bordeaux Par LefthandMike [Public domain], de Wikimedia Commons
Ce n’est encore qu’au stade de projet, mais la faculté bordelaise et le CHU sont en concertation au sujet de la rénovation du bâtiment de recherche et l’hôpital du Tondu situé dans le secteur Carreire, dans le quartier Caudéran. Il se pourrait que ce bâtiment devienne une véritable résidence d’habitations pour les chercheurs, l’on en dénombre 6.500 sur le campus, et pour les étudiants.

Les bénéfices engendrés par la future transformation de l’Université de Bordeaux

À travers ce projet de dévolution du patrimoine de l’Université de Bordeaux, la volonté est de rompre l’image d’un domaine universitaire monofonctionnel. La faculté bordelaise ne sera donc plus un endroit où l’on ne croise que des étudiants lors des périodes scolaires et un désert pendant les grandes vacances d’été. Pour cela, en équipant les campus universitaires en activités économiques, en logements privés, en commerces et en services, le domaine universitaire devient un lieu vivant et actif tout au long de l’année.

”L’objectif n’est pas de dégager des marges financières mais de mettre l’Université de Bordeaux au niveau des standards internationaux en matière d’entretien du patrimoine”, appuie le président Manuel Tunon de Lara.
Au final, l’Université de Bordeaux a estimé à 400M€ sur les deux prochaines décennies le montant qu’elle pourra retirer de la valorisation des 29 hectares concernés. Ce montant est le résultat de l’addition des rentrées financières récurrentes via les loyers.

Pour l’heure, l’une des opérations les plus importantes est le développement du quartier dans le secteur Rocquencourt, à Pessac. De plus, l’Université de Bordeaux a à coeur d’être “exemplaire” dans la préservation des espaces verts et de la biodiversité. D’ici 2030, elle affiche, en outre, un objectif de -40% d’émission de gaz à effet de serre et -10% d’eau prélevée dans les nappes phréatiques.

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