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L’universalisme, notre boussole

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Les faits sont terribles : au moins 216 000 mineurs ont été victimes d’agressions sexuelles de la part de 2 900 à 3 200 prêtres de 1950 à 2020 selon le rapport Sauvé. L’Église porte une responsabilité systémique pour avoir caché, minoré les faits pendant des décennies. N’importe quelle autre structure – entreprise, association, peu importe – devant de telles révélations se serait vue mise au pilori. Mais, comme le disait déjà le Fabuliste, « selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. » Et en ces temps pré-électoraux le lobby clérical a de beaux jours devant lui. De fait le président Emmanuel Macron au lieu de diligenter promptement une enquête, d’en appeler à des poursuites, a préféré saluer « l’esprit de responsabilité » de l’Église. Le message a été parfaitement entendu du côté des officines du Vatican : au lieu de faire profil bas, des Évêques ont immédiatement renchéri en opposant les lois de l’Église – qu’ils appellent celles de dieu – aux lois de la République à propos du prétendu secret de la confession auriculaire. Certains pourraient y voir une forme de séparatisme, non ?

Pourtant en opposition avec le principe de la laïcité, le gouvernement d’Emmanuel Macron n’a eu de cesse de choyer l’électorat catholique. Dans son discours au Couvent des Bernardins, il en a appelé à réparer le lien avec elle. Son ministre de l’Éducation nationale, en ouvrant l’obligation scolaire à 3 ans – qui était de fait déjà effective pour dans l’école publique – a entraîné des millions de dépenses supplémentaires pour les mairies, essentiellement au profit de l’école catholique. La ministre de la culture en autorisant l’inscription aux monuments historiques, permet le financement public de cet édifice érigé pour faire « amende honorable des péchés » de la République, sur le lieu hautement symbolique des débuts de la commune. Et lors du Covid, l’Église s’est vue dotée de meilleures dispositions fiscales. D’ailleurs ces déductions fiscales posent problème suite à la parution du rapport Sauvé : si l’Église utilise les dons pour dédommager les victimes, du fait des réductions d’impôt, cela signifie que l’essentiel sera payé par l’ensemble des citoyens.

L’Église n’est pas la seule à se séparer dès qu’elle le peut de la loi commune. Le marché prétend le faire. Le Medef, adoubé par le gouvernement, demande des accords d’entreprise dérogatoires à la loi ou aux conventions collectives. Certaines régions frontalières, au nom de l’expérimentation, veulent déroger aux lois françaises pour mieux coller aux dispositions étrangères.

Face à ces forces centrifuges, réaffirmons notre boussole : l’unité et l’indivisibilité de la République. La loi, née de la volonté générale, s’impose à tous à égalité de droits et de libertés. L’État ne reconnaît ni ne subventionne aucun culte, mais garantit la liberté de conscience. La République sociale l’emporte sur les particularismes égoïstes.

Benoît Schneckenburger

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