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Grand débat national : Jouanno répond aux critiques de Philippe, Bayrou et Griveaux

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Fraîchement retirée du pilotage du grand débat national, Chantal Jouanno explique vendredi dans Le Figaro pourquoi elle ne démissionne pas de la présidence de la Commission nationale du débat public (CNDP). Elle juge l’appel en ce sens de Benjamin Griveaux « indigne » et répond à Edouard Philippe et François Bayrou.

Chantal Jouanno hausse le ton. Après l’annonce mardi de son retrait de l’organisation du grand débat national, l’ex-ministre de Nicolas Sarkozy s’indigne dans Le Figaro des critiques dont elle est la cible. Elle exclut en revanche toujours de démissionner de la présidence de la Commission nationale du débat public (CNDP), après la polémique liée à son salaire de 14.666 euros bruts mensuels. « Démissionner reviendrait aujourd’hui à condamner la CNDP, donc la participation citoyenne. Cela serait aussi incompréhensible au lancement d’un grand débat », assure-t-elle dans cet entretien mis en ligne jeudi soir, alors que le débat en question doit apporter une réponse à la colère des Gilets jaunes,

Plus tôt sur RTL, le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux avait invité Chantal Jouanno à « tirer les enseignements » de ce départ, suggérant par là sa démission, où bien ce sera « à la commission de le faire », a-t-il encouragé. Il a jugé « assez incompréhensible pour nos concitoyens de démissionner de la principale mission confiée à la commission qu’on préside soi-même ».

Jouanno juge « indigne » la remarque de Griveaux
Une position « indigne », lui répond dans Le Figaro l’ancienne sénatrice de l’UDI. « Je ne suis pas rémunérée pour faire le grand débat, mais pour présider la CNDP, qui garantit les droits de nos concitoyens sur plus de 83 projets très difficiles, tels que la gestion dans les années à venir des déchets radioactifs », explique-t-elle. « Et cette rémunération n’est pas à la tête du client, mais dans une grille prédéfinie. Benjamin Griveaux laisse à penser que son propre gouvernement ne respecterait pas les règles », ajoute-t-elle, en précsisant avoir demandé à Emmanuel Macron lundi soir « de revoir à la baisse [son] niveau de rémunération ».

François Bayrou n’a jamais été très favorable à la participation citoyenne telle que nous la concevons

« Surtout », pour Chantal Jouanno, la demande du porte-parole du gouvernement est « une remise en question étonnante de l’indépendance de notre autorité » : « Qui demanderait à Jacques Toubon de démissionner de son poste? Sur le plan institutionnel, cette position interroge. Mais peut-être est-ce une méconnaissance par manque d’expérience. Les snipers ne servent pas le débat », fustige-t-elle encore.

La présidente de la CNDP répond également à Edouard Philippe, qui avait regretté mercredi sa décision parce qu' »elle intervient tard dans le processus, et que c’est une complexité supplémentaire de ce débat », mais en assurant qu’il ne s’agissait que d’une « péripétie ». « La situation est compliquée pour lui, et je me doute qu’il lui était bien difficile d’utiliser d’autres éléments de langage », fait valoir Chantal Jouanno. Et alors que le Premier ministre évoquaient ceux qui « servent l’État » et « aiment leur pays », l’ex-ministre répond que « servir son pays, c’est justement savoir s’écarter des missions les plus visibles et valorisantes lorsque l’on n’est plus en situation de les assurer au mieux ».

Des attaques « personnelles assez incompréhensibles »
Quant à François Bayrou, le président du MoDem, qui s’en était pris à « une commission dont personne ne sait rien, dont la légitimité est nulle, formée de personnes qui n’ont pas été élues et dont on peut s’interroger sur l’expérience », la centriste contre-attaque une nouvelle fois : « François Bayrou n’a jamais été très favorable à la participation citoyenne telle que nous la concevons, c’est-à-dire avec un respect très strict des principes de neutralité, de transparence et d’égalité de parole. »

Plus généralement, la dirigeante de la CNDP évoque des « attaques personnelles assez incompréhensibles ». « J’avais quitté le monde politique pour éviter ces bassesses. Je vois que rien n’a changé », déplore-t-elle. Et d’assurer : « Les commissaires sont indignés par les propos sur leur inutilité et les attaques de certains membres du gouvernement qui laissent à penser que cette autorité vieille de 20 ans ne faisait rien avant le grand débat. »

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