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Gilets jaunes : à quoi il faut s’attendre sur les Champs-Elysées samedi

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Les Gilets jaunes ont prévu de se retrouver samedi sur les Champs-Elysées pour l’acte 3 de leur mobilisation. Le gouvernement a annoncé que des filtrages seront mis en place. Comment cela va-t-il se passer?

Sur la page Facebook de l’acte 3 de la mobilisation des Gilets jaunes, 33.000 personnes disaient vendredi midi vouloir participer à ce nouveau rassemblement, et plus de 130.000 sont intéressées. Rendez-vous : avenue des Champs-Elysées à partir de 14 heures samedi. Si le lieu – déjà choisi pour le 24 novembre – a fait débat, le gouvernement a finalement décidé de laisser ouverte l’avenue, uniquement aux piétons, mais d’installer un important dispositif de sécurité, avec des barrages filtrants.

L’avenue sera ouverte aux piétons, pas aux voitures
Christophe Castaner l’a annoncé jeudi soir sur France 3 : « Les Champs-Elysées seront ouverts aux piétons dans un dispositif très resserré, très hermétique, sur l’ensemble des accès aux Champs-Elysées. […] Ils pourront pénétrer, ils seront contrôlés avec une pièce d’identité. » La célèbre avenue sera donc par conséquent fermée aux véhicules.

Dès qu’il y aura des dégâts, des provocations, nous sanctionnerons, nous interpellerons et nous livrerons à la justice

« Nous fouillerons les sacs pour éviter qu’il y ait des armes par destination et que nos forces de l’ordre soient des victimes, surtout que nous savons que l’ultra gauche et l’ultra droite, comme ça avait été le cas la semaine dernière pour l’ultra droite en particulier au début de la matinée, se mobilisent pour venir une nouvelle fois casser », a-t-il précisé, mettant en garde contre toute volonté de dégradation. « Nous aurons des forces d’interpellation sur le site et dès qu’il y aura des dégâts, des provocations, nous sanctionnerons, nous interpellerons et nous livrerons à la justice », a prévenu Christophe Castaner.

Le ministre a également demandé aux « gilets jaunes » de déclarer leurs manifestations, comme la loi les y oblige. Concernant celle sur les Champs-Elysées, il a assuré qu’aucune « demande officielle » n’a été faite. Deux ont été déposées : entre Madeleine et Bastille, et à République.

Porter un gilet jaune sera possible
La question a été posée à Christophe Castaner. Les manifestants présents samedi pourront-ils revêtir leur désormais fameux gilet jaune? « Ce que je souhaite, c’est qu’on interdise toute arme par destination, mais évidemment les gilets jaunes ne seront pas interdits », a assuré le ministre de l’Intérieur sur LCI. « Un gilet jaune, ce n’est pas une arme », a-t-il précisé.

Des magasins ouverts, mais pas les terrasse

Qu’en sera-t-il des commerces? Pour certains, la facture est lourde après les dégâts commis par des casseurs lors de l’acte 2 de la mobilisation samedi dernier. « On a eu un arrêté préfectoral pour réquisition des terrasses à partir de vendredi soir. Il faut qu’on enlève tout ce qui est en extérieur », explique sur France Inter Anthony Sebag du Bistro 25, qui espère pouvoir rester ouvert. D’autres pourraient choisir de baisser le rideau. « On se dirige fortement vers une fermeture de notre établissement. La police est passée pour nous le conseiller fortement », explique un salarié d’un café-restaurant situé près de la station de métro Franklin-Roosevelt sur 20minutes.

Avant la manifestation de samedi, tout ce qui pourrait servir de projectile par d’éventuels casseurs – grilles autour des arbres, panneaux, éléments de chantier… – sera retiré de l’avenue, comme l’a indiqué le premier adjoint à la mairie de Paris, Emmanuel Grégoire.

La société Protectim, qui assure la surveillance de plusieurs enseignes de l’avenue des Champs-Elysées, a d’ores et déjà prévu de renforcer ses effectifs pour le week-end, d’après un des agents de sécurité. Beaucoup d’enseignes refusent de communiquer sur leur ouverture ou fermeture. L’avenue attire entre 200.000 et 300.000 visiteurs par jour, autant de clients potentiels.

Forces de l’ordre, un effectif conséquent
Pour éviter tout débordement, les effectifs de sécurité seront conséquents. Selon plusieurs sources policières contactées par l’AFP, le dispositif samedi pourrait mobiliser une cinquantaine d’unités de forces mobiles, soit environ 5.000 hommes. Contre 3.000 la semaine dernière.

« A titre de comparaison, le 11 janvier 2015, on avait autant d’unités de forces mobiles dans un contexte terroriste, de dangerosité particulière. C’est du jamais vu depuis mai 1968 », observe Linda Kebab, déléguée nationale unité SGP police FO, sur BFMTV.

Plusieurs stations de métro seront fermées
De nombreuses stations de métro de la capitale seront fermées dans le secteur des Champs-Elysées :

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Journée sans voiture dimanche

Les Champs-Elysées sont fermés aux voitures le premier dimanche de chaque mois. Et donc le 2 décembre, soit au lendemain de la mobilisation des Gilets jaunes samedi sur la célèbre avenue. Cette fois, cette journée n’aura pas lieu. « La piétonnisation de dimanche est, à la demande de la préfecture de police, annulée au profit d’un déploiement de forces de la journée de demain », a déclaré Emmanuel Grégoire vendredi sur BFTMV. « S’il faut fermer la piétonnisation pour assurer un déploiement des forces de l’ordre samedi qui permet d’avoir une situation convenable, nous sommes solidaires de la préfecture de police », a ajouté le premier adjoint parisien.

Trois autres manifestations à Paris samedi

Les Gilets jaunes ne seront pas seuls à Paris samedi. La CGT prévoit un rassemblement à 12 heures place de la République, avant une manifestation deux heures plus tard où devrait être présent Philippe Martinez, son secrétaire général, pour soutenir les privés d’emploi et infléchir la politique du gouvernement. La confédération a appelé « tous les citoyens, salariés actifs et retraités » à se joindre aux manifestations pour « infléchir » la politique du gouvernement et « ne pas laisser dévoyer leur colère par ceux distillant des idées xénophobes, racistes, homophobes ».

« Moi, en général, j’ai un gilet rouge, c’est la couleur de la CGT. Mais rien ne s’oppose à ce qu’il y ait des gilets rouges à côté de gilets jaunes », avait assuré Philippe Martinez il y a quelques jours.

Les étudiants, à l’appel de la Fage et de l’Unef, sont invités à se réunir sur la place du Panthéon à partir de 12 heures pour protester contre l’augmentation des frais d’inscription pour les élèves internationaux. Et ce n’est pas tout : le collectif anti-raciste Rosa Parks appelle à manifester place de la Nation à 14 heures pour « exiger égalité et dignité pour tous et toutes ».

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