Début Societe Européennes : voici pourquoi vous n’entendrez peut-être jamais parler de certaines des 33 listes candidates

Européennes : voici pourquoi vous n’entendrez peut-être jamais parler de certaines des 33 listes candidates

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Pas moins de 33 listes concourent en France pour les élections européennes du 26 mai. Mais certaines d’entre elles risquent d’être totalement invisibles aux yeux des électeurs.

Le chiffre est désormais connu, il y a 33 listes sur la ligne de départ de la campagne des élections européennes qui se tiendront le 26 mai en France – un record pour ce type de scrutin. Pour autant, il sera difficile pour les Français de toutes les connaître. Car même si la campagne officielle commence lundi prochain, le 13 mai, et prévoit quelques règles précises pour garantir le pluralisme politique, de nombreuses listes risquent de passer inaperçues aux yeux d’une majorité d’électeurs faute notamment de moyens financiers. Voici quelques explications.

Dans les communes, des panneaux électoraux qui resteront en partie vides
En période de campagne, chaque commune doit mettre à disposition des candidats des panneaux, près des bureaux de vote voire à d’autres endroits de son territoire, afin d’y coller leurs affiches électorales. Ce sera le cas à compter « du 13 mai à zéro heure » pour ces européennes, précise le ministère de l’Intérieur dans son mémento pour les candidats. A charge aux municipalités de trouver d’ici là le bon nombre de panneaux, à savoir 33 (ou 17 doubles panneaux)…

Le texte précise en revanche que les documents de propagande électorale, comme ces affiches, sont « à la charge du candidat tête de liste ». Ces frais peuvent être remboursés par l’Etat, mais seulement pour les listes recueillant plus de 3% des suffrages exprimés. C’est donc un coût à assumer pour celles qui seraient en-dessous, et qui n’ont pas forcément le budget nécessaire. Autre obstacle, les affiches des listes de candidats doivent être « apposées par leurs soins ou leurs représentants », ce qui est forcément plus facile pour les principales formations politiques.

Il y a donc fort à parier que plusieurs de ces panneaux métalliques restent vides. Rappelons que l’ordre des listes, lui, a été déterminé par tirage au sort et doit être respecté partout sur le territoire. En l’occurrence, la France insoumise occupera la première position, quand EELV sera par exemple à la 30e. Les affiches peuvent être de deux tailles différentes (en grand format et en petit format, pour annoncer une réunion publique) mais leur nombre n’est pas limité, du moment que chaque liste respecte son propre emplacement.

Le bulletin de vote, ce n’est pas automatique
Là aussi, les bulletins de vote sont à la charge des candidats. Les électeurs n’auront donc pas forcément les 33 bulletins à disposition dans leur bureau de vote. Soit parce qu’une liste n’imprimera pas en quantité suffisante les siens, pour pouvoir les transmettre partout sur le territoire, soit tout simplement parce qu’elle n’en imprimera pas du tout.

Il est en revanche possible de mettre à la disposition des électeurs un bulletin téléchargeable sur Internet, à condition que celui respecte les nombreuses règles prévues : format du document (un A4 au format paysage), grammage du papier (70 grammes), couleur unique sur papier, avec mention du nom de la liste et des 79 candidats (mais aucune autre personnalité possible), etc.

Les électeurs pourront également recevoir un bulletin par courrier, en même temps qu’une profession de foi (appelée circulaire), les jours précédent l’élection. L’envoi et la distribution sont ici à la charge de l’Etat. A charge à la liste d’adresser ces documents à temps aux commissions de propagande situées dans chaque département.

Dans les médias, des temps de parole en fonction du poids des parlementaires
A partir de lundi prochain, et jusqu’au vendredi 24 mai à minuit, les spots de campagne électorale vont revenir à la télévision et la radio publique. Ils permettront une expression libre de chacune des listes. Cette fois, toutes les dépenses liées à la production et la diffusion de ces spots sont directement prises en charge par l’Etat, précise le ministère de l’Intérieur.

Mais les règles ont quelque peu changé depuis une loi de 2018, afin de favoriser le temps d’antenne des formations les mieux représentées au Parlement. Concrètement, ce temps est décompté suivant trois parties :

une durée d’émission de trois minutes pour chacune des listes;
une durée d’émission de deux heures partagée entre les listes en fonction du nombre de députés, de sénateurs et d’eurodéputés déclarant les soutenir. Les élus en question doivent faire connaître leur choix d’ici à ce mercredi.
une dernière durée d’émission d’1h30 répartie par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), qui pourra rééquilibrer les temps d’antenne des listes en fonction de leur représentativité autre que celle au Parlement, par exemple au regard des résultats obtenus lors des précédentes élections. Par exemple, si le RN pourrait pâtir de son faible nombre de parlementaires nationaux, son temps sera rééquilibré grâce à cette troisième fraction.
Les plus petites listes, en mal de soutien parlementaire et plus généralement de poids dans le débat politique actuel, auront donc moins de temps de parole. A noter que c’est le CSA qui déterminera, au plus tard jeudi prochain, l’ordre de passage des différentes listes à l’antenne. Le jour ou l’horaire de diffusion de ces spots ne seront donc pas les mêmes, étant exclu que les 33 spots se suivent en une seule fois sur une même chaîne.

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