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Colombie : Peuple contre extrême-droite

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Depuis le 28 avril, les Colombiens manifestent contre le gouvernement du président d’extrême-droite Iván Duque. Si c’est un projet de réforme fiscale particulièrement injuste qui a mis le feu aux poudres, le « Paro nacional » est un mouvement de contestation globale du régime mafieux et criminel en place en Colombie depuis l’arrivée au pouvoir d’Alvaro Uribe en 2002.

Depuis 1964, le conflit armé colombien a couté la vie à 260 000 personnes et engendré plus de 8 millions de déplacés internes. A la fin des années 80, l’État affaibli et les grands propriétaires terriens ont délégué une partie du maintien de l’ordre à des milices d’extrême-droite. Victimes décapitées, découpées ou brulées vives : la barbarie déployée par les paramilitaires répond à une stratégie de la terreur visant à assoir totalement leur pouvoir. Se dédiant au narcotrafic, ils produisent dorénavant l’essentiel de la cocaïne écoulée dans le monde.

L’élection d’Alvaro Uribe à la présidence en 2002 a permis au secteur narco-paramilitaire de s’infiltrer au plus haut niveau de l’État. Proche de Pablo Escobar, puis de Carlos Casteño, le parrain des AUC, organisation paramilitaire responsable de dizaines de milliers d’assassinats, les révélations sur ses liens avec les « paracos » secouent la société colombienne. S’il a officiellement quitté le pouvoir en 2010, l’élection de son poulain Iván Duque en 2018 lui a permis de redevenir, de fait, le dirigeant du pays. Depuis, l’accord de paix avec les FARC de 2016 n’est pas respecté et les violations de droits humains se sont accrues. En 2020, l’ONG Indepaz a recensé 91 massacres ayant fait 381 victimes, tandis que 310 leaders sociaux et activistes ont été assassinés.

C’est contre les politiques néolibérales, l’État narco-paramilitaire et sa violence que se mobilisent aujourd’hui les Colombiens, soutenus par une large majorité de la population. Pour la première fois, la figure et le système d’Alvaro Uribe sont directement dénoncés. A un an de l’élection présidentielle, c’est dorénavant le sénateur anti-néolibéral Gustavo Petro qui apparaît comme le favori.

La répression des manifestations est sanglante. A la date du 7 mai, l’ONG Temblores recensait au moins 37 personnes assassinées par la police. Sur les réseaux sociaux, les images de policiers abattant des citoyens désarmés, pacifiques et souvent de dos se multiplient. Alors que la Colombie est dirigée depuis plus de vingt ans par une clique de miliciens narco-fascistes, la communauté internationale ferme les yeux, la Colombie étant notamment le principal allié des États-Unis dans la région : il est urgent de dénoncer le régime criminel d’Alvaro Uribe.

Fabien Lassalle-Humez

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