Début Societe Christian Drevet: «Aux Terreaux, on ne peut pas planter d’arbres»

Christian Drevet: «Aux Terreaux, on ne peut pas planter d’arbres»

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1994. Christian Drevet, architecte lyonnais imagine avec l’artiste Daniel Buren, l’homme aux colonnes du Palais Royal à Paris, la restructuration de la place des Terreaux. Qu’il soit apprécié ou détesté, ce parti d’aménagement fait désormais parti de l’identité lyonnaise. Et du coup, quand il s’est agi, en octobre 2018 de rénover cet espace public, fortement dégradé, les concepteurs ont réintégré dans leur projet trames, lignes droites et petites fontaines. Une réfection à l’identique ? Pas tout à fait.

Pourquoi vouloir rénover la place des Terreaux à l’identique ?

« On ne peut pas refaire une œuvre artistique et architecturale à l’identique. Et elle n’est pas exactement la même parce que les gens, les choses ont changé, les usages, les pratiques, les techniques ont changé. Regarder les jets d’eau, ce ne sont plus les mêmes, l’évolution de la technologie nous a permis de les modifier, alors qu’en 1994 c’était un geste pionnier. Aujourd’hui, la led nous a permis d’améliorer l’éclairage. Mais il convenait de récupérer aussi la mémoire de la place, alors oui, il ne fallait pas quelque chose de complètement différent.

Une étude sociologique a été réalisée avant le projet pour connaître le sentiment d’appropriation des gens, pour savoir ce qu’ils pensaient des usages, de l’image de la place. Et on s’est aperçu d’une chose, les Lyonnais se sont approprié cet espace. »

Les choses ont peut-être changé depuis, avec une forte envie d’espaces verts en centre-ville. Des arbres aux Terreaux, c’était impossible ?

« Il y a eu quelques demandes dans ce sens, lors de l’étude, mais ce n’était pas le trait dominant, mais c’est quand même intéressant. Il y a un problème majeur aux Terreaux, on ne peut pas planter d’arbres ni d’arbustes. Il n’y a quasiment pas de terre avec la dalle de fondement de la place qui touche le sommet du parking souterrain. Le seul endroit possible était là où il n’y a pas le parking et contre la Croix-Rousse, là où nous avons mis les colonnes. Mais à ces endroits, il y a tous les réseaux et c’est impossible aussi. La couche de terre est trop faible pour mettre de la pelouse. »

Des bacs, peut-être ?

« Si on veut en mettre beaucoup, car l’idée était plutôt de partir sur une grosse végétalisation avec des plantations d’arbres, il faut des gros bacs et là, il y a un problème de surcharge. C’est pareil, on tourne en rond. Vous savez, si ça avait été possible, nous aurions regardé, ça nous est venu à l’esprit plusieurs fois. Si nous pouvions planter, on aurait fait la place de façon différente. Mais ce n’est pas envisageable. Bien sûr que nous avons évoqué cela, j’ai entendu la question des îlots de fraîcheur, mais malheureusement pas ici. »

Des fontaines qui débordent, des pierres qui cassent, ces problèmes n’existent plus ?
« Nous avons été beaucoup plus loin dans la précision. Le revêtement est la chose la plus importante. La pierre, du granit qui vient d’Espagne est beaucoup plus épaisse et des tests de solidité ont été effectués. Les bordures de voiries ont été dessinées une par une. Nous avons 300 types de pierres différentes. Nous avons fourni le dessin à l’ordinateur et les pierres sont traitées avec le même ordinateur. Ce côté high-tech dans la façon de faire nous permet d’arriver à une plus grande précision en matière de revêtement. Quant aux fontaines, désormais, il y en a quinze »

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