Début Economie Prélèvement à la source : le coup de chaud des agents des impôts

Prélèvement à la source : le coup de chaud des agents des impôts

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Depuis lundi, le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin assure que la mise en place du prélèvement à la source se déroulent sans « aucun bug ». Les agents des finances publiques, dont certains ont entamé une grève lundi, ne sont pas tous de cet avis.

« Tout va bien », selon les mots de Gérald Darmanin. Le ministre des Comptes publics a dressé un premier bilan lundi soir devant des journalistes de la mise en place du prélèvement à la source. La réforme va devenir une réalité cette semaine, la majorité des Français recevant leur feuille de paie. « Il ne reste plus que 6 millions de foyers [sur 37 millions de foyers fiscaux, NDLR] qui n’ont pas encore été prélevés […] Ils le seront à la fin de la semaine, il n’y a pas de bug », s’est félicité le ministre lors d’une conférence de presse.

Le gouvernement ne peut toutefois pas encore pousser un « ouf » de soulagement. D’abord, parce que l’impact psychologique de la réforme – une baisse immédiate de pouvoir d’achat qui sera compensée par l’absence d’impôts sur le revenu à payer à l’automne – est encore difficile à évaluer. Mais surtout, Gérald Darmanin doit gérer la colère d’une partie de sa propre administration.

Avec la mise en place du prélèvement à la source, 23 millions de contacts par téléphone et mail
Lundi, les trois premiers syndicats des finances publiques (Solidaires, CGT et FO) ont entamé à une grève jusqu’au 15 février. « Sur la journée de lundi, on comptait 80% de grévistes sur les centres prélèvement service, qui sont chargés de la gestion du prélèvement automatique », annonce au JDD Anne Guyot-Welke, secrétaire générale de Solidaires-Finances publiques.

Le motif de la grogne est directement lié à la mise en place du prélèvement à la source. « Nous avons eu 23 millions de contacts, par téléphone ou courriels, soit deux tiers de plus que prévu, décrit la responsable syndicale. Il y a une surcharge réelle de travail supplémentaire liée aux sollicitations très nombreuses. »

Sur le mois de janvier, chaque appel de contribuable a duré en moyenne entre 30 et 40 minutes, contre 15 à 20 minutes l’an dernier. Et de nombreuses demandes sont mises en attente. « Priorité a été donnée à la mise en place du prélèvement à la source, explique encore Anne Guyot-Welke. Du coup, toutes les autres demandes, comme celles liées à la mensualisation – qui concerne encore des Français dans cette année de transition – sont renvoyées à plus tard. »

La prime exceptionnelle qui ne convainc pas
Gérald Darmanin, reconnaissant « une petite surcharge de travail », a annoncé le 8 janvier l’attribution d’une prime exceptionnelle de 200 euros net en février à 40.000 agents de la Direction générale des finances publiques (DGFiP) travaillant à la mise en oeuvre du prélèvement à la source.

Les syndicats, eux, pointent le fait qu’une telle prime aurait dû concerner l’ensemble des agents, soit 103.000 fonctionnaires. De plus, ils regrettent le caractère exceptionnel de la prime, la surcharge de travail s’étalant sur toute l’année 2019.

Au-delà de la mobilisation très forte dans les centres prélèvement service, plusieurs centres d’appel ont annoncé leur intention de se mettre en grève cette semaine. De quoi ralentir les démarches des contribuables qui ne comprendraient pas le montant prévu de leur salaire ce mois-ci.

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