Début Economie Plus que jamais, l’avenir en commun !

Plus que jamais, l’avenir en commun !

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Une première ébauche de la résolution politique « Plus que jamais, l’avenir en commun ! » a été publiée le 18 juin 2020. Ce texte était ouvert aux contributions des insoumis·es jusqu’au 24 juin. Une seconde version après intégration de ses contributions a été publiée le 29 juin pour permettre les travaux sur table. Retrouvez ci-dessous le texte définitif enrichi de ces contributions et des synthèses des échanges de l’Assemblée.

Les conséquences de la pandémie de Covid-19 révèlent l’échec d’un modèle et de ses adeptes. C’est l’échec de celles et ceux qui ont préféré le laisser faire du libre marché et de la globalisation financière à l’État et à la planification, la compétition généralisée à la coopération et à la solidarité, le grand déménagement du monde à l’indépendance et la relocalisation des activités indispensables. C’est aussi l’échec des euro-béat·es et leurs gouvernements qui ont appliqué avec zèle les recommandations austéritaires de la Commission européenne jusqu’au cœur de notre système de santé, nous rendant plus fragiles et vulnérables. La pandémie elle-même, qui puise son origine dans des bouleversements écologiques, marque aussi l’échec d’un système d’exploitation et de prédation sur le vivant.

La gestion hasardeuse de la crise et les menaces qui pèsent sur les libertés publiques sont le signe d’une des pires dérives autoritaires de cette Ve République à bout de souffle. Le dégagisme demeure une toile de fond bien installée. D’abord dirigé vers les responsables du désastre, il s’est mué en un dégagisme qui frappe toutes les institutions et se traduit dans une hyper-abstention, comme l’a montré récemment l’élection municipale. Mais l’énergie populaire est bien là. En témoignent la solidarité spontanée face à la crise humanitaire et la famine dans de nombreux quartiers, tout comme la capacité d’auto-organisation du personnel de santé, mais aussi éducatif, face au pouvoir défaillant et sa technocratie déconnectée des réalités du terrain. En attestent aussi, la montée en puissance de grandes mobilisations : pour la santé et le soutien aux revendications des soignant·es méprisées par le “Ségur”, ou encore contre le racisme et contre les violences policières touchant particulièrement les quartiers populaires et les personnes racisé·es, qui finissent par faire système et gangrènent la République. La combativité du mouvement contre les réformes des retraites n’est pas oubliée, et pourra renaître si Macron s’obstine. L’état d’esprit « Gilets Jaunes » est toujours une réalité dans le pays.

Le peuple n’a plus confiance en celles et ceux qui gouvernent. Il ne consent plus à une « règle du jeu » qui lui semble truquée. La grève des urnes s’accentue élection après élection car aucune d’entre elles n’apparaît capable de répondre aux aspirations populaires à une vie meilleure. Plus que le chapitre d’un programme, la stratégie de la révolution citoyenne et le passage à la VIe République par la convocation d’une Assemblée constituante apparaissent plus que jamais comme une ardente nécessité.

Le pouvoir en place est à bout de souffle. Le groupe majoritaire à l’Assemblée nationale se délite et le Président de la République se trouve dans une impasse. Alors que les regards se tournent déjà vers la prochaine échéance présidentielle, tout porte à croire que ce quinquennat est terminé. Que restera-t-il du macronisme sinon une aggravation de ce que Sarkozy et Hollande avaient commencé ? L’insécurité sociale règne dans le quotidien d’une majorité de Français·es désabusé·es et la deuxième vague du Covid-19, si elle n’est pas sanitaire, sera à coup sûr économique et sociale.

Derrière les discours présidentiels, pour le pouvoir en place, l’urgence est de refermer la parenthèse pour reprendre le cours de l’histoire comme l’avait fait Nicolas Sarkozy à l’issue de la crise financière de 2008. La seule perspective qu’Emmanuel Macron semble capable de proposer au pays est de relancer la machine « quoi qu’il en coûte », sans en interroger la nature ni en redéfinir les objectifs, et de faire payer la dette au peuple. L’après selon Macron ressemble furieusement au monde d’avant, la crise économique servant à repousser une fois de plus les décisions pourtant urgentes. Les aides d’État se font sans exigence de contreparties sociales et environnementales alors que les annonces de licenciements et de faillites se multiplient. La réforme du chômage n’est pas remise en cause sur le fond et celle des retraites est de nouveau à l’ordre du jour. Même les soignant·es applaudi·es pendant tout le confinement n’ont droit qu’à la poursuite des mêmes politiques et même des répressions policières. Pourtant, l’ampleur de cette crise sanitaire fournit une occasion historique d’engager la grande bifurcation nécessaire pour relever les défis présents et futurs.

L’urgence écologique promet de nouvelles crises d’ampleur tout aussi considérable, sinon plus, que la crise sanitaire que nous affrontons. Il y a urgence à réorienter intégralement notre économie, nos modes de production, d’échanges et de consommation au service de la bifurcation écologique et solidaire qui assurera à chacun·e le droit de vivre dignement. Même dans l’adversité de l’histoire, les jours heureux sont à portée de main. Nous en sommes certain·es : la France reste observée à travers le monde. Elle dispose des atouts nécessaires et d’un peuple disponible pour engager la transition et mettre ses savoirs en partage avec l’humanité tout entière. Elle peut engager des coopérations, et nourrir une inspiration mutuelle avec d’autres peuples en mouvement pour la justice sociale et environnementale dans le monde. Les défis qui nous font face relèvent de l’intérêt général humain.

La France insoumise, organisée en réseau social, en mouvement évolutif, se définit comme un outil au service du peuple, de ses aspirations, de ses mobilisations, de son auto-organisation de telle sorte que chaque personne puisse être véritablement actrice de son émancipation. Nous nous voulons d’abord utiles au quotidien : nous poursuivrons et multiplierons les initiatives de solidarité concrète (collectes, banques alimentaires, caravanes d’accès aux droits) dans la période qui vient.

Face à la crise sociale, les insoumis·es seront aux côtés des salarié·es en lutte, notamment pour leur emploi, en demandant que toute mesure d’aide nationale aux entreprises soit accompagnée d’exigences sociales et écologiques. Nous nous battrons pour un véritable bouclier social, pour élargir les droits des salarié·es face aux risques et notamment pour la mise en place d’une véritable sécurité sociale professionnelle. Les travailleur·ses n’ont pas à payer le prix d’une crise dont ils et elles ne sont pas responsables. Nous soutiendrons les mobilisations contre le racisme et les violences policières qui se sont amplifiées dans notre pays ces dernières semaines. Alors que la crise sanitaire a mis au premier plan les métiers féminisés, et que les femmes ont été bien souvent en première ligne au travail comme à la maison, nous poursuivrons nos mobilisations pour l’égalité femmes-hommes. Nous serons aux côtés des mouvements de lutte pour le climat pour refuser une réponse productiviste et climaticide. La conférence citoyenne pour le climat, quelles que soient les manipulations politiques prévisibles de Macron, confirme une disponibilité populaire pour des mesures en faveur d’une bifurcation radicale, bien plus proches de nos propositions et d’une écologie populaire que des mantras du capitalisme vert et de l’écologie de marché. Nous sommes convaincus de la capacité du peuple à s’impliquer et à débattre en vue du bien commun, et de son exigence à participer à la vie démocratique dont témoigne notamment la revendication du RIC.

De même que nous avons émis le voeu que soit proposé par les syndicats un comité national d’action, et initié à l’Assemblée et au Sénat un comité parlementaire uni de résistance contre la réforme des retraites, nous œuvrerons à tout ce qui peut fédérer dans l’action.

De ce fait, nous avons accueilli avec enthousiasme l’émergence du collectif inédit « Plus jamais ça » réunissant des organisations syndicales et associations dans la recherche collective d’un « monde d’après » en rupture avec le néolibéralisme et le productivisme. Nous réaffirmons notre disponibilité pour participer aux discussions, mais aussi mobilisations et campagnes qu’il pourra initier. Nous encourageons l’ensemble des initiatives qui donnent corps à la fédération populaire que nous appelons de nos vœux.

Il est temps de préparer l’après-Macron. Avec 11 propositions de loi, deux plans d’urgence, un plan complet de déconfinement, une commission d’enquête publique faisant l’objet d’un rapport conséquent et une multitude de publications, l’activité du mouvement insoumis et de ses deux groupes parlementaires à l’Assemblée nationale et au Parlement européen au cœur de la crise du Covid-19 est à l’image de son ambition : incarner un débouché politique à la situation. Oui, nous sommes disponibles et sommes prêt·es à gouverner le pays dès demain.

Parmi les nombreux atouts dont dispose La France insoumise, son point d’appui essentiel est « L’Avenir en Commun ». Ce programme autour duquel se sont regroupé·es 7 millions de Français·es avec la candidature de Jean-Luc Mélenchon en 2017 est bien un projet de société , qui offre un espoir aux colères du pays. Il constitue la contribution essentielle de La France insoumise aux discussions qui s’ouvrent de toutes parts. C’est pourquoi nous avons décidé de le remettre en circulation dans une version actualisée temporellement, et prenant en compte les évolutions législatives depuis 2017. Loin de l’amnistie politique recherchée par les responsables de la crise, nous croyons à la stabilité et à la force de nos propositions. « L’Avenir en Commun » est non seulement un programme adapté à la situation présente, mais il met sur la table les solutions concrètes pour relever les défis futurs.

Tout part du programme. C’est la condition d’une lisibilité et d’une cohérence à laquelle nous tenons. Continuons à faire connaître nos propositions à travers des campagnes, formations et initiatives d’éducation populaire. Dans les prochains mois, en lien avec l’espace programme du mouvement, les groupes d’action de La France insoumise prendront contact, sur tout le territoire, avec les collectifs citoyens, les syndicats, les associations et l’ensemble des acteurs·trices concerné·es pour procéder à des auditions afin de commencer le travail visant à compléter, enrichir, affiner « L’Avenir en Commun ».

C’est ainsi que nous entendons faire œuvre utile pour le pays.

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