Début Economie Midterms 2018 : Donald Trump limite finalement la casse

Midterms 2018 : Donald Trump limite finalement la casse

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Donald Trump a perdu la Chambre des représentants mais la vague démocrate n’a pas eu lieu et il conserve le Sénat. Voici ce que ça va changer pour lui.

Donald Trump s’est empressé de revendiquer un « immense succès » républicain, dans la nuit de mardi à mercredi, après s’être assuré que le parti conservait le Sénat. Mais les déclarations du président américain ne doivent pas faire oublier l’information principale de la soirée : les démocrates se sont emparés de la Chambre des représentants. En clair, Donald Trump va devoir composer avec une cohabitation au Congrès lors des deux prochaines années de son mandat. Il peut néanmoins se féliciter de ne pas avoir été emporté par la vague « bleue » que les sondeurs voyaient poindre cet été.

Traditionnellement depuis l’après-guerre, le président américain perd la Chambre lors de son premier mandat. Seul George Bush avait évité un tel sort en 2002, mais l’Amérique était encore traumatisée par les attentats du 11-Septembre. La défaite de Donald Trump est donc dans la norme. Elle est moins brutale que celle de Barack Obama en 2010 par exemple.

Depuis plusieurs semaines, le milliardaire s’était personnellement investi pour défendre son bilan (économique notamment) et délivrer un message anxiogène sur l’immigration notamment. En une semaine, il a participé à 11 meetings à travers le pays pour limiter la casse jusqu’au bout. « J’ai fait des élections de mi-mandat un truc sexy », s’est-il vanté lundi soir devant ses supporters à Cleveland.

Un référendum autour de Trump

Comme plusieurs candidats démocrates, Donald Trump avait fait de ce scrutin un référendum autour de sa personne. Le nombre de votants n’est pas centralisé par une autorité électorale unique aux Etats-Unis, mais au Texas, à New York ou dans le Maryland, électeurs et scrutateurs interrogés par l’AFP ont semblé surpris par l’affluence. Au moins 38 millions d’électeurs avaient voté en avance, en personne ou par courrier, soit 40% de plus qu’en 2014, signe que Donald Trump ne laisse personne indifférent.

Grâce à une carte électorale favorable, le président américain a élargi sa majorité au Sénat, les républicains remportant au moins 3 sièges supplémentaires. Il pourra se féliciter de certaines succès : Ted Cruz, qu’il était allé personnellement soutenir face à l’étoile montante démocrate Beto O’Rourke, s’est imposé. En Floride, un Etat clé, Andrew Gillum, une autre figure d’avenir du Parti démocrate, candidat pour le poste de gouverneur, a essuyé un revers.

La politique du président entravée

Les démocrates ne voient évidemment pas le scrutin du même oeil. « Demain sera un jour nouveau en Amérique », a déclaré Nancy Pelosi, la chef des démocrates à la Chambre des représentants. « Nous allons restaurer l’équilibre des pouvoirs voulu par la Constitution », a-t-elle ajouté, promettant de travailler au retour de « l’unité » dans un pays fracturé depuis l’élection présidentielle de 2016. Concrètement, le parti va disposer d’une capacité de blocage importante et pourra parasiter la suite du mandat de Donald Trump, notamment sur les questions migratoires ou budgétaires.

Mais en conservant le Sénat, le président américain assure l’essentiel. La menace d’une procédure de destitution, brandie par certains depuis deux ans, devrait disparaître car elle nécessite l’aval des deux tiers de la chambre haute. Donald Trump pourra également faire valider de nouveaux juges à la Cour suprême et ainsi influer sur la politique américaine pour plusieurs décennies.

Le combat qui s’annonce entre démocrates et républicains peut aussi servir les ambitions du président américain, qui pourra se servir des éventuels blocages à la Chambre pour stigmatiser un peu plus l’opposition. La course à la Maison-Blanche, qui va s’intensifier dans les mois à venir, en dépendra en partie.

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