Début Economie L’idée d’un référendum le jour des européennes ne fait pas l’unanimité, même chez En marche

L’idée d’un référendum le jour des européennes ne fait pas l’unanimité, même chez En marche

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Emmanuel Macron serait prêt, selon le JDD, à convoquer un référendum le jour des élections européennes. Une idée fraîchement accueillie par une partie de la majorité.

Le JDD révèle l’hypothèse de travail d’Emmanuel Macron pour sortir de la crise des Gilets jaunes : la convocation d’un référendum à l’issue du grand débat national. Une consultation nationale qui se tiendrait en même temps que le scrutin des élections européennes, le 26 mai prochain. « Tout est sur la table, mais rien n’est décidé », a réagi dimanche l’entourage du président auprès de l’AFP. Mais la concomitance d’un tel référendum et d’un scrutin européen jugé comme déterminant pour l’avenir de l’UE ne serait pas sans difficulté, comme l’ont souligné plusieurs membres de la majorité.

« Cela ne doit pas être l’occasion d’un ‘ball-trap’ contre le président », prévenait déjà dans nos colonnes l’un des proches du chef de l’Etat, l’avocat Jean-Pierre Mignard. Le chef de l’Etat, lui-même, a estimé dimanche dernier qu’un référendum risquait davantage de « déchirer » que d' »éclairer », lui préférant le concept de « délibération permanente ».

La ministre Nathalie Loiseau ne veut pas que les sujets européens soient éclipsés
« Il n’y a aucun tabou, aucun interdit pour le chef de l’État, mais il faut évidemment attendre la fin du débat avant d’envisager quoi que ce soit », souligne le ministre Sébastien Lecornu, coanimateur du grand débat national, dans Ouest France dimanche.

Sa collègue Nathalie Loiseau est, elle, plus sceptique. La ministre des Affaires européennes réagissait aux informations du JDD dans le Grand JuryRTL-Le Figaro-LCI. « Le président de la République n’exclut rien mais n’a pas pris sa décision », a-t-elle d’abord nuancé avant d’estimer que le débat sur la tenue ou non d’un référendum est « prématuré ».

Nathalie Loiseau a aussi insisté sur la nécessité de faire du 26 mai un rendez-vous sur l’Europe : « En tant que ministre des Affaires européennes, je souhaite qu’on parle d’Europe le 26 mai parce qu’il y a des enjeux majeurs et ces enjeux, il faut en parler. »

Même son de cloche du côté du député En marche Matthieu Orphelin qui a estimé, sur Twitter, que la tenue d’un référendum le jour des européennes ne semble « pas du tout opportun[e] ». « Il faut de la clarté et ne pas tout mélanger », a-t-il insisté. L’élu rejoint Pascal Durand, l’ex-secrétaire d’Europe Ecologie-Les Verts qui s’est récemment rapproché d’Emmanuel Macron :
Pascal DURAND

@PDurandOfficiel
Un référendum le même jour que les européennes, c’est le rêve de celles et ceux qui veulent renationaliser les élections européennes en un scrutin pro ou anti @EmmanuelMacron. En France, on parle d’Europe une fois tous les 5 ans, cela est suffisamment rare pour être respecté !

Le Pen critique un référendum « bidon », Wauquiez en souligne les risques
Si le reste de la majorité n’a pas encore réagi à l’idée d’un référendum, l’opposition est, elle, déjà très critique. Sur BFMTV, la patronne du Rassemblement national Marine Le Pen a vu dimanche une « manoeuvre » d’Emmanuel Macron pour « détourner l’attention » des européennes dans l’hypothèse d’un référendum organisé le même jour : « Tout cela est complément bidon. Il va recycler sa réforme constitutionnelle. »

Le patron des Républicains Laurent Wauquiez a lui jugé sur Europe 1 qu’Emmanuel Macron prend « un grand risque » s’il décide d’organiser un référendum limité aux seules questions institutionnelles et portant sur des sujets « très coupés des préoccupations et des priorités des Français ».

En parallèle de ses échanges avec les responsables politiques, le chef de l’Etat tiendra cette semaine ses cinquième et sixième débats publics, après quatre premiers stand-up marathon en bras de chemise. Lundi à Evry-Courcouronnes (Essonne), il échangera avec environ 300 élus et représentants d’associations franciliens et, jeudi, il ira à la rencontre des jeunes, jusqu’ici largement absents du grand débat, en Saône-et-Loire.

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