Début Economie INFO JDD – Les comptes de la Fédération française de rugby dans le rouge

INFO JDD – Les comptes de la Fédération française de rugby dans le rouge

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Selon nos informations, un résultat avant impôt de moins 7,35 millions d’euros sera présenté au comité directeur de la Fédération, ce vendredi, à Marcoussis. Depuis l’élection de Bernard Laporte, les pertes s’accumulent…

Une bien mauvaise nouvelle sera annoncée ce vendredi au siège de la Fédération française de rugby (FFR), lors d’un comité directeur qui devra arrêter les comptes de la saison 2017-2018, à la veille du premier test-match de la tournée d’automne entre la France et l’Afrique du Sud. Selon nos informations, l’exercice laisse en effet apparaître un résultat avant impôt de moins 7,35 millions d’euros. Cette perte conséquente ne manquera pas d’alimenter les débats lors de l’assemblée générale financière de la Fédération qui se tiendra le 1er décembre à Marcoussis et au cours de laquelle les comptes devront être votés.

Lorsqu’il est élu à la FFR, le 3 décembre 2016, Bernard Laporte trouve pourtant une situation financière saine : le résultat de l’exercice 2015-2016 est positif à hauteur de 3,75 M€. Mais en arrivant aux affaires, le nouveau président lance une série de mesures coûteuses en rapport avec ses 44 engagements de campagne. En faisant le ménage parmi les cadres dirigeants de Marcoussis, dont le directeur administratif et financier Paul de Keerle, il se prive volontairement de la compétence d’hommes d’expérience. Au terme de l’exercice 2016-2017, le résultat comptable reste au vert, mais il tombe à 0,9 millions d’euros. Une saison plus tard, donc, la chute est vertigineuse. En deux ans, la Fédération de Laporte a non seulement dilapidé l’héritage de l’ancien président Pierre Camou mais elle a aussi creusé un trou qui interpelle.

52,3 millions d’euros de contentieux à régler?

Le cri d’alerte lancé le 30 juin dernier par Florian Grill, au sortir de l’assemblée générale de la FFR à Perpignan, était donc bien légitime. Elu fédéral et président de la Ligue Ile-de-France de rugby, celui-ci postait un message de colère sur Facebook : « Le budget qui nous a été rappelé à l’AG pour la saison 2017-2018 prévoyait une perte de moins 340.000 euros, écrivait-il. Selon mes calculs, on devrait arriver à une perte qui dépassera les 5 millions d’euros. […] Le trésorier n’a pas donné de montant, même estimé, de la perte réelle de la saison. […] On nous réserve l’information pour une AG financière en décembre, mais on sait que les AG financières rassemblent moins de monde. » Sous-entendu : le risque d’un rejet du budget sera minimisé lors du vote.

Mais nous y voilà et la FFR ne va plus pouvoir se cacher. Vendredi, les explications de son trésorier Alexandre Martinez seront très attendues par le comité directeur. Pour justifier les pertes de la Fédération, celui-ci devrait détailler les dossiers qui ont plongé les comptes dans le rouge. D’après nos sources, des grosses sommes ont dû être provisionnées en raison de contentieux en cours et à venir. Le plus important d’entre eux concerne l’abandon du projet de Grand Stade en Essonne. A la suite de cette décision brutale prise par Laporte dès le 14 décembre 2016, onze jours après son élection, les villes de Bondoufle et Ris Orangis (Essonne) ainsi que la communauté d’agglomération Grand Paris-Sud, Seine, Essonne et Sénart ont réclamé des indemnités de 52,3 millions d’euros au titre du préjudice subi. S’il avait validé les comptes fédéraux de l’exercice 2016-2017, Pierre Ancely, le commissaire aux comptes du cabinet Union fiduciaire de Paris, avait d’ailleurs déjà relevé ce sujet épineux dans son rapport l’année dernière.

Le cas Guy Novès toujours pas réglé

Ce n’est pas tout. La FFR a dû assumer en 2017-2018 les coûts de garantie financière liés à la candidature de l’organisation de la Coupe du monde 2023, d’une part auprès de la Caisse des dépôts et des consignations (CDC), d’autre part auprès de la Société Générale. La Fédération a notamment payé au prix fort la CDC, en raison d’une piètre négociation du taux d’intérêt (2% contre 0,40% pour celui de la banque française) de la garantie accordée. Autre chose : en se portant candidate de dernière minute à l’organisation de la Coupe du monde des moins de 20 ans (remportée par les jeunes Français le 17 juin), après le renoncement de l’Argentine où devait se dérouler l’épreuve, la FFR a dû faire face à des coûts non programmés.

Enfin, les pertes de la saison 2017-2018 sont liées à l’explosion de la masse salariale, lestée par les nombreux départs enregistrés à Marcoussis, et aux changements intervenus dans le staff du XV de France. Pour mémoire, l’affaire concernant Guy Novès, qui fait l’objet d’une procédure de licenciement pour faute grave, est toujours en cours. Débarqué en décembre 2017, l’ancien sélectionneur des Bleus attend la FFR au tournant lors d’une audience aux prud’hommes de Toulouse le 14 février.

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