Début Economie Gilets jaunes : comment la blessure de Jérôme Rodrigues a pris une tournure politique

Gilets jaunes : comment la blessure de Jérôme Rodrigues a pris une tournure politique

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Figure du mouvement des Gilets jaunes, Jérome Rodrigues a été blessé à l’œil samedi soir place de la Bastille à Paris. L’incident a a vite pris un caractère politique.

Une blessure symbole. Samedi, il est environ 16h45 autour de la place de la Bastille quand un proche d’Eric Drouet, Jérome Rodrigues, s’effondre au sol alors qu’il est en train de filmer en direct sur Facebook. Sur les images diffusées sur le réseau social, on voit une grenade de désencerclement être lancée dans sa direction. Lui, évoque également le tir d’un lanceur de balles de défense (LBD). « J’ai subi deux attaques : une grenade en bas des pieds qui m’étourdit et, 3 secondes après, l’impact de la LBD 40 qui m’arrive à l’oeil », a-t-il affirmé dimanche lors d’une conférence de presse à l’hôpital Cochin où il est soigné.

Ce nouvel incident lors d’une manifestation des Gilets jaunes peut être un tournant. Et ce pour plusieurs raisons :

Moins connu qu’Eric Drouet ou Maxime Nicollle, Jérome Rodrigues est tout de même l’une des figures du mouvement. Il a notamment fait une apparition remarquée sur C8 lors d’un débat dans l’émission de Pascal Praud.
On le voit tomber en direct sur le live Facebook. Cette image pourrait faire de lui un « martyr gilet jaune » et un symbole des « violences policières ».
Les images diffusées en direct sur Facebook montrent qu’il cherchait en réalité à apaiser les choses. Juste avant d’être touché, on le voit demander à tous les Gilets jaunes d’évacuer la place à cause des affrontements entre les « blacks blocks » et la police.
Les autorités ont également très vite senti le caractère explosif de la situation. Pour tenter d’apaiser les choses, la préfecture de police annonce qu’une enquête est ouverte par l’IGPN, la police des polices, pour faire la lumière sur ce qui s’est passé place de Bastille. Le tweet est publié à 18h08. Soit précisément 1h23 après l’incident.

Préfecture de police

@prefpolice
#Paris : blessé pris en chage place de la #Bastille. Le préfet de Police, en accord avec le Ministre de l’Intérieur @CCastaner et le secrétaire d’Etat @NunezLaurent, saisit l’IGPN, afin que soient établies les circonstances dans lesquelles cette blessure est intervenue.

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19:08 – 26 janv. 2019
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Le lendemain, le secrétaire d’Etat à la sécurité Laurent Nunez assure qu’il n’y a « aucun élément » permettant d’affirmer que Jérôme Rodrigues avait été touché par un tir de lanceur de balles de défense (LBD). Plus tôt dans la journée, le président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand, a lui pris la défense des forces de l’ordre. « Ayons de la rigueur sur le bon usage de la force légitime exercée par les policiers au nom des lois de la République, et soyons extrêmement vigilants et actifs aussi pour réprimer ceux qui veulent, avec de l’acide ou des boules de pétanque ou autres instruments porter atteinte à la vie » des forces de l’ordre, affirme-t-il.

Appel à la démission de Christophe Castaner
L’opposition, elle, s’engouffre dans la brèche pour réclamer la démission du ministre de l’Intérieur Christophe Castaner. « Nous en sommes à 12 ou 13 ou 14 éborgnés, un mort, quatre mains arrachées […]. Le ministre Castaner est incapable de faire face à l’organisation de la paix publique […] il doit s’en aller. Je crois que c’est assez clair et nous l’avons déjà dit », a jugé Jean-Luc Mélenchon lors de l’émission Dimanche en politique sur France 3.

« Jérôme Rodrigues s’ajoute à la longue liste des manifestants pacifiques blessés. Le Gouvernement est incapable d’assurer l’ordre public sans mutiler nos compatriotes. Dans une vraie démocratie, Castaner aurait démissionné ce soir », avait tweeté le leader de Debout la France Nicolas Dupont-Aignan dès samedi soir. Sans appeler directement à la démission de Christophe Castaner, Marine Le Pen, avait également fait part de son indignation « Ce qui est arrivé aujourd’hui à Jérôme Rodrigues doit interroger tous les républicains. Les Français aspirent à l’ordre, mais l’ordre ce n’est pas la mutilation des opposants politiques et l’usage irraisonnée de la force par le pouvoir macronien. »

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