Début Economie Eric Drouet et les Gilets jaunes vont-ils utiliser la plateforme du Mouvement 5 étoiles italien?

Eric Drouet et les Gilets jaunes vont-ils utiliser la plateforme du Mouvement 5 étoiles italien?

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Des Gilets jaunes, dont Eric Drouet, se sont dits prêts mercredi à rencontrer Luigi Di Maio, le vice-Premier ministre italien populiste qui a proposé aux manifestants français d’utiliser les outils de son parti pour mieux s’organiser.

L’offre de service du vice-Premier ministre italien Luigi Di Maio aux Gilets jaunes a été entendue. Le leader du Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème), qui partage aujourd’hui le pouvoir en Italie avec La Ligue de Matteo Salvini (extrême droite), avait proposé lundi de rencontrer des manifestants français et de leur proposer la plateforme en ligne « Rousseau », qui permet, depuis sa création en juillet 2015, de structurer la base militante du M5S. Le responsable italien a annoncé mercredi, dans un entretien au quotidien italien Il Fatto Quotidiano, qu’il allait rencontrer des Gilets jaunes d’ici à samedi.

Eric Drouet, porte-parole des Gilets jaunes et pilote du groupe « La France en colère », a confirmé mercredi auprès de l’agence Ansa qu’une telle rencontre est « absolument faisable ». « Je suis toujours très content des différentes expressions de soutien aux Gilets jaunes. C’est un soutien important pour nous », a encore déclaré Eric Drouet auprès du média italien.

Une plateforme qui revendique la filiation avec Jean-Jacques Rousseau
« Gilets jaunes, ne faiblissez pas », avait lancé lundi midi Luigi Di Maio sur son blog, avant de proposer de mettre à leur disposition la plateforme « Rousseau », pour « organiser des événements sur le territoire » ou encore « choisir des candidats » et « définir le programme électoral » via son système de vote.

Pourquoi « Rousseau »? La plateforme prend le nom de Jean-Jacques Rousseau qui a écrit sur l’Italie quand il fut secrétaire d’ambassade à Venise en 1743-1744. Le Mouvement 5 étoiles dit notamment vouloir s’inspirer du Contrat social. Dans son célèbre essai, le philosophe français défend la primauté de la souveraineté du peuple sur la délégation de pouvoir, propre à tout système de représentation.

Ainsi, le M5S dit mettre en œuvre cette réflexion grâce à sa plateforme interactive qui permet, par des votes en ligne, de définir la ligne politique du parti. Pour Luigi Di Maio, il s’agit là de « la mise en pratique de la forme de démocratie la plus directe ». Les Gilets jaunes défendent, eux, le principe de référendums d’initiative citoyenne (RIC) réguliers qui pourraient ainsi être organisés via la plateforme « Rousseau ».

Cité mardi par La Croix, le philosophe Roger Pol-Droit met toutefois en garde contre une lecture simpliste du Contrat social. « Rousseau n’imaginerait certainement pas un tel outil sans instance de contrôle », souligne-t-il, redoutant l’émergence de « représentation sauvages » de l’opinion. « Le grand risque est celui de l’anonymat et des manipulations. On ne sait pas qui vote, des humains ou des machines », prévient encore l’intellectuel français.

Une véritable boite à outils politique
« Rousseau » est toutefois bien plus qu’un simple outil de sondages en ligne. La plateforme sert à concevoir les programmes électoraux en envoyant des propositions de loi et en les comparant avec le droit italien existant. Elle permet aussi d’organiser des levées de fonds dédiés aux campagnes électorales : environ 633.100 euros ont été récoltés depuis trois ans.

C’est aussi via cette plateforme que les militants du M5S ont pu choisir leurs candidats pour les élections locales. La maire de Rome, Virgina Raggi, avait remporté l’élection municipale en 2016 après avoir été sélectionnée via Internet par les militants lors d’une finale entre une dizaine de candidats, tous inconnus du grand public.

Mais « Rousseau » a aussi été la cible des critiques des détracteurs du M5S, lesquels ont relevé un manque de transparence autour de cet outil. « Rousseau » a été créé par Gianroberto Casaleggio, le cofondateur du M5S (avec Beppe Grillo) en charge de l’idéologie du mouvement.

L’homme, mort le 12 avril 2016, était accusé de conflit d’intérêts, notamment dans la gestion de la plateforme. Les détracteurs de Gianroberto Casaleggio l’accusaient de censurer et contrôler les contenus mis en ligne sur « Rousseau » par le biais de sa société personnelle, qui a créé le site. Aujourd’hui, « Rousseau » est gérée par une association à but non lucratif.

Luigi Di Maio a encouragé les Gilets jaunes à s’y rendre dès à présent pour l’essayer. Si certains ont accepté l’invitation, d’autres ont d’ores et déjà répondu par une fin de non-recevoir. « Je pense que l’Italie est l’Italie et la France est la France. Nous ne sommes pas les mêmes, a par exemple répondu Jacline Mouraud, interrogée mardi par l’agence Ansa. Je pense que votre vice-Premier ministre fait

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