Début Economie Emmanuel Macron : sous la Ve République, les prises de parole ont eu peu d’impact sur la popularité

Emmanuel Macron : sous la Ve République, les prises de parole ont eu peu d’impact sur la popularité

8 minutes lues
0
0
145

Emmanuel Macron va s’exprimer ce jeudi lors d’une conférence de presse pour faire des annonces après le grand débat. Dans l’histoire de la Ve République, ces interventions présidentielles ont rarement eu une influence nette dans l’opinion mais peuvent permettre de fixer un cap.

L’intervention est très attendue mais quel sera son impact? Emmanuel Macron prendra la parole ce jeudi pour présenter les mesures consécutives au grand débat. Pouvoir d’achat, retraites, démocratie, décentralisation, environnement, santé, ruralité…: le chef de l’Etat va s’exprimer sur de multiples dossiers à partir de 18h dans la salle des fêtes de l’Elysée. Après une déclaration d’une vingtaine de minutes, le président de la République, entouré par les membres du gouvernement, répondra aux questions des journalistes français et étrangers pendant environ deux heures.

Un format peu commun pour Emmanuel Macron qui privilégiait d’habitude les interviews avec un ou deux journalistes et les allocutions seul face à la caméra. « La forme de l’allocution a été un peu éventée à la suite du drame de Notre-Dame. Cela aurait été contre-productif de réutiliser le même format et c’est sans doute pour cela qu’il a choisi un échange avec les journalistes », analyse pour le JDD Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’Ifop. L’entourage d’Emmanuel Macron a toutefois averti que la conférence de presse ne ressemblera pas à « un grand débat avec les journalistes », en faisant référence aux longues rencontres des derniers mois.

Emmanuel Macron va « expliquer » les mesures
Sur le fond, l’effet de surprise devrait être atténué puisqu’une partie des mesures ont déjà fuitées dans la presse à la suite de l’annulation in extremis de l’allocution présidentielle à cause de l’incendie de Notre-Dame. Le chef de l’Etat ne va pas les « changer en profondeur » mais il va « les expliquer » et « rien n’interdit d’en ajouter », souligne-t-on dans son entourage.

Il devrait ainsi préciser les conditions de baisses d’impôts pour les classes moyennes, de la réindexation des retraites inférieures à 2.000 euros ou de la promesse de ne pas fermer d’écoles ou d’hôpitaux jusqu’à la fin du quinquennat. Des éclaircissements sont également attendus sur l’évocation d’un possible allongement de la durée du travail pour financer la dépendance et le grand âge ou sur la suppression de l’ENA.

Sauf événements exceptionnels, une telle intervention n’inverse pas une situation de popularité ou d’impopularité

« On a rarement vu une conférence de presse aussi attendue. Le grand débat est terminé depuis le 15 mars, puis il y a eu le report. Cela a créé une certaine suspicion, il y a un effet déceptif possible », analyse Frédéric Dabi. Interrogé par l’AFP, un membre du gouvernement dit également s’attendre à des commentaires « majoritairement négatifs » à cause de l’attente.

Toutefois, l’impact dans l’opinion des prises de parole présidentielle est à relativiser selon Frédéric Dabi : « Sauf événements exceptionnels comme l’entrée en guerre de la France contre Irak en 1991 (+10 points pour Mitterrand en février) où les attentats en 2015 (+12 points en janvier et +7 en novembre pour Hollande), une telle intervention n’inverse pas une situation de popularité ou d’impopularité. Les Français sont sur une logique de résultats plus que de communication. »

Lancer l’acte 2 du quinquennat
Selon lui, le discours d’Emmanuel Macron va surtout servir à définir un cap. « Il y a dans la Ve république, des interventions qui ont marqué le milieu politico-médiatique. On peut citer Mitterrand en 1983 et le tournant de la rigueur. Chirac en 1995 qui ferme la parenthèse de la réduction de la fracture sociale. Ou François Hollande en 2014 qui annonce le CICE. » Si ces trois interventions n’ont donné lieu à aucun mouvement d’ampleur dans l’opinion, elles ont clairement constitué des tournants dans les mandats respectifs.

Emmanuel Macron, crédité de 29% de popularité dans la vague d’avril du baromètre Ifop pour le Journal du Dimanche, un chiffre stable par rapport au mois de mars, devrait ainsi se servir de la conférence de presse pour poursuivre la remobilisation de son socle électoral et lancer l’acte 2 de son quinquennat.

Charger plus par factodocteur
Charger plus dans Economie

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Vérifiez également

Football : les Débuteuses veulent lutter contre toutes les discriminations

Un football militant et anti-discrimination. Ce sont les maîtres mots de la nouvelle équip…