Début Economie Collomb revendique la paternité de la zone à faibles émissions

Collomb revendique la paternité de la zone à faibles émissions

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Le maire de Lyon serait las de voir David Kimelfeld, son rival à l’élection métropolitaine, tirer la couverture à lui à propos de la restriction d’accès du cœur de l’agglomération lyonnaise pour les poids lourds et les véhicules utilitaires, à partir du 1er janvier 2020. Mais qui a fait quoi ?

« Rétablir la vérité sur la zone à faibles émissions. » C’est le propos de Louis Pelaez, conseiller municipal lyonnais et président de Lyon Parc Auto. « Il est nécessaire de se remémorer la réalité du processus des actions, qu’aujourd’hui David Kimelfeld voudrait se réapproprier », dénonce ce proche du maire de Lyon et membre de son équipe de campagne.

Alors qu’en est-il vraiment ? C’est en juin 2016 que Gérard Collomb fait adopter par le Conseil de Métropole, un “plan Oxygène” lequel comprend, outre le déclassement historique des autoroutes A6 et A7 en boulevard urbain, la création d’une zone à faibles émissions (ZFE) parmi d’autres mesures visant à améliorer la qualité de l’air. Il faut dire qu’il y avait urgence. Non seulement en termes de santé publique, mais aussi pour… la santé financière de la collectivité.

Le loi NOTRe d’août 2015 prévoyait, en effet, qu’en cas de condamnation de la France par la cour de justice de l’Union européenne, les collectivités locales concernées pourraient être mises à contribution. Or, il y avait deux contentieux en cours…

« À partir de l’automne 2017 »

L’agglomération ne faisait toutefois pas la course en tête. La Ville de Paris, très volontariste, avait ainsi instauré, à titre expérimental, une zone à circulation restreinte dès septembre 2015, tandis que tous les véhicules non classés et Crit’air 5 ne peuvent plus entrer dans Paris depuis 2017.Pour définir les modalités de cette limitation de l’accès d’une partie de l’agglomération lyonnaise, aux véhicules les plus polluants, 24h/24 et ce indépendamment des jours de pics de pollution, une concertation du monde économique (artisans, commerçants, transporteurs) et des communes était alors annoncée par Gérard Collomb.

Et c’est « à partir de l’automne 2017 » que cette ZFE devait être instaurée, promettait-il. Mais entre juin 2016 et juillet 2017 date à laquelle David Kimelfeld prend la tête de la Métropole (pour cause de nomination de Gérard Collomb au ministère de l’Intérieur), rien ne transpire de l’avancée de la ZFE. Il faut attendre le 6 novembre 2017 pour la présentation du dispositif aux élus métropolitains, tandis que le nouveau président de la Métropole ouvrait, le 18 décembre 2017, « la concertation avec les professionnels du transport et les représentants du monde économique ».

« La concertation a été préparée bien en amont, avec, notamment la réalisation d’études qui a nécessité un délai important », relève Louis Pelaez, lequel explique aussi que les « services de la collectivité ont cherché à retarder la ZFE, car il y avait des difficultés de mise en œuvre du contrôle ». « La vidéo et lecture des plaques d’immatriculation posait un problème par rapport à la loi de protection des images et données. On a donc attendu qu’une nouvelle loi le permette, qui elle, a traîné », poursuit l’élu.

In fine, l’entourage de Gérard Collomb estime que « David Kimelfeld a fait une application de la ZFE plus restrictive que celle prévue au départ », sans toutefois rapporter la preuve des intentions originelles. Gérard Collomb avait annoncé, en juin 2016, que la ZFE ne concernerait que les poids lourds et les utilitaires. Une mesure conservée par son successeur, d’ailleurs critiquée par les conseillers métropolitains à la fibre écologiste, Gilles Vesco ou Pierre Hémon qui voudraient y inclure les véhicules particuliers les plus polluants.

Outre les nombreuses dérogations permettant aux gros cubes de continuer à rouler, le périmètre de la ZFE, qui exclut une partie des 2e, 7e, 9e arrondissements et les communes de la Métropole situées à l’extérieur du périphérique, a été critiqué ici et là, mais sans que l’on sache si Gérard Collomb avait en tête une autre formule. David Kimelfeld, l’actuel président de la Métropole, a fait de l’année 2019 une simple année « pédagogique », repoussant au 1er janvier 2020 l’interdiction de l’accès du cœur de l’agglomération lyonnaise, aux poids lourds et aux utilitaires les plus polluants.

Il n’avait pas voulu, expliquait-il, « abîmer le tissu économique ». A l’époque, l’élu prenait un risque certain avec une telle mesure, effective à trois mois de l’élection métropolitaine. Depuis, la qualité de l’air est devenue l’un des enjeux majeurs du prochain scrutin. Ce qui explique que les deux candidats déclarés revendiquent désormais chacun la paternité de la ZFE.

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