Début Economie Avant Notre-Dame de Paris, ces monuments historiques ravagés par les flammes puis reconstruits

Avant Notre-Dame de Paris, ces monuments historiques ravagés par les flammes puis reconstruits

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L’importante restauration de Notre-Dame de Paris, ravagée lundi soir par un violent incendie, va être lancée une fois l’édifice sécurisé. La France a déjà mené d’importants chantiers de ce type.

L’incendie de Notre-Dame de Paris n’était pas encore circonscrit, quand le théâtre de la Fenice de Venise, l’un des plus prestigieux du monde, a lancé dans la nuit de lundi à mardi un message d’espoir aux Parisiens : « Nous avons brûlé par deux fois, mais par deux fois nous nous sommes relevés de nos cendres plus fort. Nous sommes avec vous, les amis, n’ayez pas peur. » Depuis lundi soir, toutes les institutions et organisations culturelles, à commencer par l’Unesco, relaient le même message à l’unisson : la cathédrale parisienne pourra être restaurée et « sera rebâtie », comme l’a promis dès lundi soir Emmanuel Macron.

Rebâtir un monument historique d’une telle taille, la France l’a déjà fait plusieurs fois au cours du dernier siècle. Voici quelques exemples emblématiques de son histoire patrimoniale récente.

Strasbourg, un chantier symbolique et politique
Ce n’est pas Paris mais Berlin qui lancera le premier chantier de grande ampleur de reconstruction d’un monument historique français détruit. Pendant la guerre de 1870, la cathédrale de Strasbourg est bombardée par les canons prussiens : le chœur, la tour de la croisée du transept et la croix de la flèche sont détruits.

La cathédrale de Strasbourg et sa vertigineuse façade.
La cathédrale de Strasbourg et sa vertigineuse façade.

(Sipa)
A la fin du conflit, l’Alsace est rattachée à l’Allemagne et, pour montrer sa bonne foi envers les Strasbourgeois, Berlin enclenche, dès 1871, la restauration de l’édifice. Un chantier majeur pour lequel l’architecte franco-allemand Gustave Klotz consulte le Français Eugène Viollet-le-Duc, qui avait restauré Notre-Dame de Paris en 1843.

En 1918, le chantier est repris par l’Etat français qui licencie l’architecte allemand à la manœuvre et en fait une priorité politique. Les travaux durent jusqu’en 1939. Quatre ans plus tard, la cathédrale est de nouveau bombardée, ce qui nécessite de nouvelles restaurations, toutefois moins longues.

La cathédrale de Reims, monument martyr de la Première guerre mondiale
Notre-Dame de Reims, où ont été sacrés la quasi-totalité des rois de France, est sans doute le plus haut-lieu de la foi catholique du pays avec les cathédrales de Paris, Chartres et Lourdes. Quand, le 19 septembre 1914, l’édifice gothique champenois est bombardé par les Allemands, toute la France est sous le choc.

Une carte postale éditée après guerre et qui montre la cathédrale de Reims en flammes. Le signe d’un traumatisme national.
Une carte postale éditée après guerre et qui montre la cathédrale de Reims en flammes. Le signe d’un traumatisme national.

(Sipa)
Les obus ont embrasé la charpente de chêne, mais contrairement à l’incendie qui a ravagé Notre-Dame de Paris, le feu s’est propagé à toute la structure du bâtiment et des pans entiers de l’édifice s’effondrent.

A la fin du conflit mondial, la cathédrale de Reims devient le symbole de la reconstruction. L’Etat français lance une souscription qui connaît rapidement un vif succès. D’importants mécènes, comme la riche famille américaine Rockfeller, financent le chantier qui dure jusqu’en 1938. Pendant la Seconde guerre mondiale, les Allemands épargnent le monument.

La cathédrale de Reims aujourd’hui.
La cathédrale de Reims aujourd’hui.

(Sipa)

Les grandes reconstructions d’après-guerre
Des deux conflits mondiaux, la guerre de 1939-1945 a laissé le plus de dégâts. Marseille, Caen, Valenciennes, Brest, Cherbourg… De nombreux centres-villes sont presque rasés. A tel point qu’après guerre, un ministère de la Reconstruction est créé.

Deux options se présentent alors aux architectes :

Reconstruire les monuments historiques à l’identique et leur redonner une place dans un centre-ville restaurée ;
Repartir de zéro et bâtir une nouvelle cité sur les ruines.
A cause du manque de logements, la seconde option est souvent favorisée, notamment à Lorient ou au Havre. A Tours, Beauvais ou Nantes, les architectes rebâtissent au contraire à l’identique plusieurs monuments historiques détruits.

A Nantes par exemple, Michel Roux-Spitz, en charge du projet urbain, trace ainsi un nouveau plan de la ville et rase plusieurs ruines, mais décide de reconstruire à l’identique la place Royale, le palais de la Bourse et surtout la basilique Saint-Nicolas, important monument religieux du 19e siècle.

Des incendies spectaculaires à Rennes, La Rochelle ou Angers
Au cours de la seconde moitié du 20e siècle, plusieurs incendies, dont l’origine est accidentelle ou criminelle, ont marqué les esprits. A l’instar de celui du Parlement de Bretagne, à Rennes. En marge d’une violente manifestation en février 1994, le monument est touché par le tir d’une fusée de détresse qui embrase toute la toiture. L’édifice, qui date du 17e siècle, est reconstruit par la suite.

Le 2 janvier 2003, le château de Lunéville (Meurthe-et-Moselle), parfois baptisé « petit Versailles lorrain », est ravagé par un feu qui se déclare dans la chapelle. Les flammes dévorent l’aile droite du bâtiment, comprenant les salles les plus précieuses de cet édifice du 18e siècle. Les travaux dont le coût total estimé se montent à plus de 100 millions d’euros, doivent s’achever en 2023.

Également en cours, le chantier de l’Hôtel de ville de La Rochelle (Charente-Maritime). Ce bâtiment des 15e et 16e siècles, l’un des plus belles mairies de France, a été ravagé par un spectaculaire incendie le 28 juin 2013. Les travaux de gros œuvre se sont terminés à l’automne dernier et l’édifice pourrait rouvrir d’ici la fin de l’année.

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William Chevillon
@ChevillonW
Cinq ans après l’incendie, l’hôtel de ville de La Rochelle voit disparaître ses échafaudages et s’offre aux regards de ceux, nombreux, qui attendaient sa renaissance. Clin-d’œil à @CTerreNeuve avec la gravure d’Octave de Rochebrune reproduite sur la palissade 🙂 @LaRochelle_OT

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21:16 – 10 juil. 2018
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La restauration du Logis royal du château d’Angers (Maine-et-Loire), dont la toiture s’est également embrasée le 10 janvier 2009, a pris moins longtemps : grâce au déblocage rapide de fonds et au mécénat (6,2 millions d’euros ont été nécessaires), l’édifice a pu rouvrir ses portes au public en 2012 après 19 mois de chantier.

Outre ces importants chantiers, souvent publics, les futurs architectes en charge de la restauration de Notre-Dame de Paris, pourront s’inspirer d’autres restaurations de lieux emblématiques, également ravagés par les flammes : la Bibliothèque nationale de Serbie à Sarajevo (1992), le célèbre théâtre lyrique du Liceo à Barcelone (1994), la cathédrale Saint-Jean-Baptiste et le Palais Royal de Turin (1997) ou encore le gigantesque Musée national brésilien de Rio de Janeiro, réduit en cendres par un incendie le 2 septembre dernier.

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