Début Economie Affaire Benalla : Ismaël Emelien a dit à l’IGPN avoir voulu « assurer la défense de l’Elysée »

Affaire Benalla : Ismaël Emelien a dit à l’IGPN avoir voulu « assurer la défense de l’Elysée »

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Ismaël Emelien, qui est en partance de l’Elysée, a dû s’expliquer mi-janvier devant l’Inspection générale de la Police nationale (IGPN) sur la diffusion d’images de vidéosurveillance policière montrant les violences du 1er mai à Paris.

Lorsqu’il a annoncé sa démission de l’Elysée au début du mois de février, Ismaël Emelien, un très proche d’Emmanuel Macron dont il était le conseiller spécial, avait déjà été entendu par l’Inspection générale de la Police nationale (IGPN). Cette audition libre – qui a duré « un peu moins de trois heures » – s’est déroulée le 16 janvier dernier. Une information révélée vendredi par Le Monde et Le Point, et confirmée par l’intéressée à l’AFP. « J’ai apporté toutes les réponses qui m’ont été demandées », assure Ismaël Emelien, qui avait justifié son départ de la présidence, effectif « fin mars, début avril », par la parution prochaine d’un livre sur le progressisme.

Interrogé par l’AFP, l’Elysée s’est refusé à tout commentaire.

Il n’avait pas conscience du caractère illégal des images
Dans cette affaire, Ismaël Emelien est mis en cause depuis qu’Alexandre Benalla a affirmé aux enquêteurs lui avoir transmis des vidéos, obtenues illégalement auprès de la police et destinées à le disculper dans le déroulé des violences en marge du défilé du 1er mai à Paris. Les images en question, qui avaient fuité le soir de la révélation du scandale par Le Monde, le 18 juillet, sur le compte @FrenchPolitic (qui a depuis été fermé), s’étaient ensuite retrouvées sur d’autres comptes Twitter pro-Macron.

Selon Le Monde, qui a eu accès aux procès-verbaux de l’audition, Ismaël Emelien a bien reconnu avoir visionné ces vidéos, déposées par Alexandre Benalla à l’Elysée, et les avoir transmises à un salarié de La République en marche chargé de la riposte numérique, Pierre Le Texier, qui les a mises en ligne pour organiser un « contre-feu médiatique » face au scandale en train de naître. Ce dernier a également été auditionné.

« Il ne s’agissait pas d’assurer la défense personnelle de M. Benalla, mais celle de l’Elysée et du président de la République, qui étaient pris à partie dans cette crise », a expliqué Ismaël Emelien, selon le quotidien, tout en assurant n’avoir jamais eu conscience du caractère illégal de ces images.

La publication avait rapidement été retirée
Devant « la police des polices », Ismaël Emelien a en effet affirmé n’avoir jamais imaginé que les images pouvaient être des extraits de vidéosurveillance policière, évoquant plutôt des images « sorties des réseaux sociaux » ou des « images de webcam touristiques accessibles librement sur internet ». Mais alerté par le service de presse de l’Elysée, qui avait été interrogé par des journalistes au sujet d’une vidéo volée, le conseiller dit avoir été « pris d’un doute » en fin d’après-midi le 19 juillet et avoir demandé à Pierre Le Texier « de retirer la publication faite par ses soins ».

Trois fonctionnaires de la préfecture de police de Paris, soupçonnés d’avoir participé à la remise du CD-Rom contenant une copie des images à Alexandre Benalla, ont été mis en examen dès juillet pour « détournement d’images issues d’une vidéoprotection et violation du secret professionnel ».

Face aux enquêteurs, Ismaël Emelien a également évoqué l’existence d’une autre vidéo du 1er mai, qui lui aurait été remis dès le lendemain par Alexandre Benalla : « Ce sont des images filmées sur Internet, apparemment par téléphone, en quelque sorte une vidéo d’une vidéo, qui représente un individu se livrant à des actes d’une extrême violence sur les forces de l’ordre, notamment au moyen d’une chaise », a-t-il expliqué, indiquant que selon le garde du corps, il s’agissait « du même individu pour lequel il est intervenu place de la Contrescarpe ».

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