Début Economie 2019 sera l’année du Brexit… ou pas

2019 sera l’année du Brexit… ou pas

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LE GRAND ANGLE DIPLO – Le Parlement britannique fait sa rentrée lundi et devrait voter à partir du 14 janvier pour ou contre le plan de Brexit que Theresa May a conclu avec Bruxelles. Le Brexit est prévu dans à peine 3 mois. Mais on est toujours en plein brouillard. Au micro d’Europe 1, comme chaque samedi matin à 7h15, la chronique du rédacteur en chef international du JDD, François Clemenceau.

Ce brouillard est même plus épais qu’un fog londonien, car à ce stade on est en présence de plusieurs scénarios dont les conséquences pour les Britanniques comme pour nous Européens sont radicalement différentes. Premier scénario, le Parlement britannique, qui fera sa rentrée lundi, se réunit à partir du 14 janvier pour discuter puis voter le projet de Brexit conclu entre le gouvernement et Bruxelles et la réponse est oui. C’est le cas le moins probable, puisqu’avant les vacances Theresa May n’avait toujours pas de majorité dans son parti et dans l’opposition pour adopter ce texte.

Mais si c’est oui, par miracle, tout se met en place d’ici le 30 mars pour sortir en douceur de l’Europe avec une période de transition de presque deux ans pour que le Brexit se fasse sans heurts et en étroite coordination avec l’Union européenne. Si c’est le cas, Theresa May sort de cette épreuve de force victorieuse, triomphante même après cet épisode inédit dans l’histoire britannique.

Vers un nouveau délai?
Mais le deuxième scénario, le plus probable, c’est que ça ne passe pas. C’est le scénario auquel tout le monde se prépare, à Londres comme dans les capitales des 27. Cela signifie que l’on va vers un Brexit « hard », sans accord, sans coordination, avec d’innombrables incidents à venir, notamment sur le plan financier puisqu’il est possible que le Royaume-Uni ne paie pas ce qu’il doit à l’UE avant de partir. Bref, c’est un cauchemar pour les entreprises comme pour les millions de citoyens qui vivent au cœur de ce mariage européen.

A partir de là, existe un scénario sous-jacent. Theresa May pourrait être tentée de dire « puisque le Parlement ne veut pas de mon accord, tranchons l’affaire devant le peuple avec un référendum ». On en a déjà beaucoup parlé mais Theresa May et son ministre du Brexit n’en veulent toujours pas. Car le problème, c’est que pour l’instant les Britanniques préféreraient de loin, selon les simulations des instituts de sondages, rester dans l’Europe plutôt que de partir aux termes de l’accord obtenu par la première ministre.

D’où un troisième scénario qui commence à se profiler qui risque de ne pas plaire à tout le monde. On réfléchit en effet à Londres, comme à Paris et Bruxelles, à un nouveau délai. Les Européens accorderaient à Theresa May quelques semaines de plus pour convaincre les siens avec un argumentaire plus clair, éventuellement des concessions minimales supplémentaires pour être plus persuasive.

Car chacun a bien compris que le pire des scénarios, c’était le « hard Brexit » et qu’il fallait tout faire, tout, pour l’éviter, y compris en jouant avec le calendrier. L’idée est simple : ce n’est pas au moment où l’Europe est faible qu’il faut l’affaiblir davantage, et si le Brexit devait même être reporté après les élections européennes du mois de mai, personne ne viendrait vraiment protester contre ce délai, ce répit en quelque sorte.

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